Ce 11 juillet nous étions très nombreux à nous retrouver pour cette Assemblée Générale fédérale. Cette soirée de débats nous a permis de nous retrouver et de partager la satisfaction des succès électoraux après de longs mois de campagnes européennes et législatives.

Les discussions ont d'abord été marquées par une profonde gratitude envers les Parisiennes et les Parisiens qui, à un mois d'intervalle, ont placé en tête de leurs suffrages la liste commune PS-PP conduite par Raphaël Glucksmann tout faisant barrage au Rassemblement national. Cette mobilisation a permis l'élection de Jean-Marc Germain et d'Emma Rafowicz au Parlement européen, ainsi que celle d'Emmanuel Grégoire et Céline Hervieu à l'Assemblée nationale.

Cette Assemblée générale fédérale fut également l'occasion de rappeler combien la lutte contre l'extrême droite est la mère de toutes les batailles politiques et combien Paris a résisté grâce une très forte participation citoyenne et aux campagnes que nous avons menées.  Paris a une fois encore montré combien elle s'était profondément ancrée à gauche et ce depuis 25 ans que la gauche rassemblée et fidèle à ses valeurs conduit tous les jours des politiques de justice sociale et écologique qui éloignent le risque des extrêmes. 

Si nous ne pouvons qu'être soulagés d'avoir réussi à empêcher l'accession au pouvoir du Rassemblement national, il nous appartient désormais de bâtir une offre politique crédible et déterminée pour renforcer la Gauche. Dans le prolongement de la dynamique portée par Raphaël Glucksmann qui s'est aussi traduite dans les résultats obtenus par le Nouveau Front Populaire dimanche dernier, nous devons continuer notre mobilisation afin d'imposer, demain, un rééquilibrage à Gauche en notre faveur. 

 Dans cette optique, l'ensemble des textes d'orientations composant la Fédération a adopté une déclaration commune afin de préparer les prochaines échéances qui nous attendent et être en mesure de réaffirmer la place centrale du Parti Socialiste à Paris et à Gauche.

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Déclaration

11 juillet 2024

Une heure à peine après le verdict des élections européennes, scrutin majeur pour l’avenir de notre continent et de notre pays, le Président de la République a dissous, seul, l’Assemblée nationale et convoqué des élections législatives anticipées. Une décision irresponsable et irréfléchie, plaçant l’extrême droite dans des conditions idéales pour prendre le pouvoir.

Toutefois, le 7 juillet au soir, les Français ont fait barrage au Rassemblement national, sanctionné le macronisme et placé la gauche en tête.

Au niveau national, ce résultat constitue d’abord un immense soulagement au regard la perspective d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Il suscite l’espoir en cassant le face à face entre les libéraux et les populistes et en démontrant qu’un chemin d’espoir et de justice est possible pour notre pays.

Le Nouveau front populaire, soutenu par des centaines de syndicats, associations et collectifs citoyens qui ont pris toute leur place dans la campagne électorale, a ainsi permis d’offrir un débouché au peuple de gauche face au péril brun qui s’annonçait. Il a également permis aux socialistes de renforcer significativement leur poids à l’Assemblée et en partie rééquilibré les rapports de force à gauche.

Pour autant, faute de majorité absolue, le NFP ne pourra gouverner et transformer le pays autrement que par la négociation et la constitution de coalitions de projets, ainsi que cela se fait dans les démocraties parlementaires.

Enfin, l’équilibre global du NFP résulte, en grande partie, de la dynamique issue des élections européennes. La campagne du PS et de Place publique, menée par Raphaël Glucksmann, a démontré de façon éclatante qu’une gauche écologiste, démocratique et pro-européenne suscite un espoir dans le pays. Elle constitue en cela le point de départ d’une recomposition qui permettra à la gauche, en rompant avec toute forme de populisme, de redevenir majoritaire et ainsi de transformer le pays.

Pour qu’il soit tracé dans l’hypothèse probable d’une nouvelle dissolution dans un an, ce chemin se prépare dès maintenant. Le Parti Socialiste doit plus que jamais s’appuyer sur les forces syndicales et associatives mais également de tous les citoyens qui se sont puissamment mobilisés d’eux-mêmes ces dernières semaines pour faire vivre l’espoir créé par la constitution du Nouveau Front Populaire. Le programme écrit en quatre jours doit pouvoir être précisé et approfondi, notamment concernant les “transformations” de long terme.

A Paris, outre l’élection de nos deux camarades, Céline Hervieu et Emmanuel Grégoire, que nous félicitons chaleureusement, les deux tiers des circonscriptions sont désormais profondément ancrées à gauche. De même, nous félicitons Marine Rosset pour sa campagne qui a réuni plus de 56% des voix dans le 5e arrondissement !

Pour autant, Paris étant le seul département de France à avoir placé le PS en tête des élections européennes, la nouvelle répartition globale des circonscriptions reste insatisfaisante. Face à l’urgence de la situation, les socialistes de Paris, comme partout en France, ont accepté le principe de reconduction des sortants. A Paris cela se traduit aujourd’hui par 6 députés insoumis, 4 écologistes et 2 socialistes. Les socialistes parisiens revendiqueront donc, en vue des prochaines échéances, un rééquilibrage qui reflète bien mieux la réalité de leur poids.

La droite parisienne, structurée autour de Rachida Dati est aujourd’hui en lambeaux. Le RN, quant à lui, progresse, mais principalement dans l’ouest parisien et reste très contenu dans les quartiers populaires. Sur un territoire où la gauche rassemblée met en œuvre de façon déterminée des politiques de justice sociale et écologique depuis 25 ans, ce résultat résonne comme une confirmation qu’une gauche fidèle à ses valeurs, y compris dans l’action, peut gagner la bataille idéologique, l’emporter durablement et endiguer la hausse du RN, y compris au sein des quartiers populaires.

Mais aujourd’hui, la menace de l’extrême droite n’est pas écartée durablement et, bien au contraire, elle ne pourra que prospérer d’une potentielle instabilité à venir et revenir encore renforcée à l’approche des prochaines échéances nationales.

C’est pour cela que la Fédération de Paris doit être à la hauteur de la situation. Sur la base d’un programme d’actions visant à la mobilisation maximale, elle continuera d’alerter la population parisienne sur les risques que constitue le score historique du Rassemblement national ; de soutenir et accompagner l’ensemble des organisations qui luttent contre le racisme et l’antisémitisme, ainsi qu’au mouvement social qui se bat pour le maintien des libertés publiques ; de mener la bataille idéologique pour faire reculer les idées de l’extrême droite et affirmer la place centrale de Paris et l’utilité des politiques que nous conduisons dans la réduction des inégalités.

Les circonstances appellent un sursaut collectif. L’ensemble des forces constituant la Fédération de Paris travailleront donc cet été, sur la base de la présente motion, à l’élaboration de ce programme d’actions pour les mois à venir, à une rénovation de notre fonctionnement interne et de nos méthodes militantes, afin d’être demain toujours plus efficaces pour combattre l’extrême-droite partout et conserver Paris à gauche ; en fidélité à l’expression démocratique des Parisiens lors des élections européennes et législatives de 2024.