Recueil des paroles militantes

Ce recueil de paroles des militants lors des Rencontres de l’Engagement Citoyen est un premier acte de refondation de notre Parti. Vous les trouverez ci-dessous sous forme de liens. Il est conçu pour donner librement la parole aux militants. Tout d’abord, je tiens à remercier les camarades qui ont participé à cette seconde édition des #REC, en particulier ceux qui ont contribué à son organisation. J’ai souhaité organiser cette rencontre après une année militante qui a été à tous points de vue longue et éprouvante. Quand on observe que sur les trois candidats arrivés en tête lors de la primaire, deux ont quitté le parti et un est devenu apiculteur, après un cruel 6% à l’élection présidentielle, on peut lucidement en conclure que la situation où nous nous trouvons est d’une singularité et d’une gravité historique.

Il y a de la tristesse d’abord à observer la brutalité de la situation, à la fois par son ampleur et par le sentiment parfois d’injustice que nous pouvons ressentir à voir des camarades élus sortants balayés pour des raisons étrangères à leur action.

Il y a de la colère ensuite. Nous sommes pleinement comptables de cette déroute : par suivisme, par inaction, par silence, par indiscipline, par manque de pédagogie, les responsabilités sont complexes et nombreuses, il faudra y revenir librement, sans tabous et sans anathèmes.

Il y a de l’espoir enfin. Car les valeurs que nous portons restent d’une criante actualité : progrès social, lutte contre les inégalités et les discriminations, ascenseur social, qualité de vie… A nous de redevenir l’instrument politique de ces projets. Nous allons devoir tous ensemble œuvrer à faire en sorte que notre formation politique retrouve une meilleure image dans l’opinion public.

Pour ça il y a des défis immenses. Le premier, c’est la question de l’utilité.

A quoi sert le parti socialiste pour nos concitoyens aujourd’hui ? À quoi cela sert d’être militant du parti socialiste ? Je ne pose pas la question de savoir « à quoi ça sert pour chacun d’entre nous » mais « à quoi ça sert pour tous ceux qui n’en sont pas ».

Il y a aussi un combat qu’il faut engager pour démontrer à nouveau aux citoyens l’efficacité des idées socialistes, pour eux, au quotidien. C’est valable en matière de protection. C’est valable en matière de pouvoir d’achat. C’est valable en matière d’emploi. C’est valable en matière de lutte contre les discriminations, de lutte contre les inégalités. Ce sont ces combats là qu’il faut que nous réengagions pour montrer l’utilité des socialistes. Ensuite, il faut que nous puissions engager la rénovation des idées : c’est tout le champ doctrinal du Parti qui doit être repensé et enrichi. Il faudra aussi discuter de thèmes fondamentaux dans l’histoire de la gauche, dans ce qui fait l’identité historique du parti socialiste : la relation au travail, les méthodes de redistributions des richesses, la question de l’égalité des chances.

Ce travail, je veux l’engager avec vous. J’ai souvent cette expression depuis quelques semaines. Les militants qui sont là aujourd’hui resteront dans l’histoire comme des militants en acier trempé, parce-que pour être resté militant aujourd’hui, il faut avoir des convictions extrêmement puissantes, avoir l’envie de faire des choses. Je me dis qu’il y a là, vraiment, un terreau fertile pour construire l’avenir. On dit parfois qu’il vaut mieux être peu que mal accompagné. C’est aussi l’avantage de ces périodes de clarification. Ne doutez pas que dans l’histoire très longue de la gauche, dans sa complexité historique, des moments durs il y en a eu, et des moments durs il y en aura encore. Incontestablement nous en vivons un. Je vous le dis, je pressens un certain enthousiasme à se dire qu’en ce moment s’écrit une nouvelle page, notamment pour les plus jeunes d’entre nous. Gardez votre enthousiasme. On va travailler tous ensemble parce qu’il reste beaucoup à faire, beaucoup pour la France, beaucoup pour nos valeurs, beaucoup pour Paris. Une nouvelle histoire commence aujourd’hui. Une belle histoire, une histoire de gauche.

Emmanuel Grégoire

Premier Secrétaire fédéral


Table des interventions

Eric Algrain, Organisateur des REC

Michel Ottaway

François Comet, Secrétaire de section 6e

Galiana Olivier

Isabelle Roy, Premier secrétaire fédérale adjointe

Léonce Ntsaou, SF Jumelages adjoint

Yasmine El Jaï

Maurice Basquin

Alain Ternot

Yohan Favreau

Danièle Hoffman-Rispal

Roger Rotmann

Jean-Pierre Gallois

Albert Peirano, UDE

Laure Lahaye

Aleksander Glogowski, permanent

Serge Orru, Dès Demain

Olivier Blond, Dès Demain

Floriane Haddad, My Troc

Guillaume, My Troc

Stéphane Cachelin, Chapotelet

Anne HIDALGO, maire de Paris

Toufik Abdeli

Jean-Paul Ameline

Anne Juhel-Orlac’h

Marco Madinier

Benjamin Hagiarian

Laure

Christèle Lepape, sympathisante

Imran Choudry, Secrétaire de section, 7e

Laurent Beauvais

Denis Quinqueton, président d’HES, homosexualité et socialisme

Malik Lounès

Marine Rosset, Secrétaire de section, 5e

Adrien Fortuna

Julie Changeur


Lorsque nous avons, en mai 2016, lancé la première édition des Rencontres de l’Engagement Citoyen, nous n’imaginions pas à quel point cette manifestation serait indispensable pour l’avenir de notre formation politique sur Paris.

A l’occasion de la première édition nous avions pu mesurer les très fortes interrogations exprimées par les militants et sympathisants socialistes qui s’étaient rendus en très grand nombre aux Rencontres de l’Engagement Citoyen. Beaucoup pressentaient que l’année qui nous séparait de la présidentielle serait compliqué et le résultat plus qu’incertain. Les français ont livré par les urnes une sanction sans précédent contre notre action présidentielle, gouvernementale … . La forte mobilisation citoyenne à l’occasion des primaires de la gauche a pu nous faire croire pendant quelques semaines, qu’un avenir était encore possible pour notre sensibilité politique. C’était un leurre.

Les deuxièmes Rencontres de l’Engagement Citoyen du 2 juillet 2017, se sont déroulés dans un environnement paradoxal. Anéantis pour beaucoup, les nombreux militants et sympathisants, qui se sont déplacés, étaient toutefois tous animés par une furieuse envie de saisir l’opportunité de cette manifestation pour livrer, sans concession, leur analyse mais surtout esquisser la trace du long chemin de la reconstruction. Nous avons pris le soin d’enregistrer les nombreuses prises de parole et les avons retranscrites. Elles sont diverses, elles appellent l’échange, elles posent souvent la question du sens, elles essaient de redéfinir un objectif commun … elles sont surtout le constat que nous sommes collectivement animés par la passion de l’action politique et qu’ensemble, par le rassemblement, nous sommes en capacité de tirer les leçons du passé. Etre socialiste, c’est s’assurer au présent que chaque action politique s’inscrit dans la perspective d’un monde meilleur et l’amélioration de la condition humaine dans son ensemble.

Nous vous donnons rendez-vous pour les 3e Rencontres de l’Engagement Citoyen qui se dérouleront à l’approche de l’été 2018. Nous aurons d’ici là, redéfini la forme et le fond du Parti Socialiste et peut être adopté une nouvelle dénomination. La première page d’une nouvelle histoire de la gauche est en train de s’écrire. Je n’ai aucun doute que cette histoire sera belle car elle est portée par une sincérité socialiste ambitieuse et collective.

Eric Algrain

Organisateur des Rencontres de l’Engagement Citoyen

Secrétaire fédéral PS Paris en charge de la relation avec les associations et à la démocratie participative


Cliquez sur la photo et retrouvez ainsi l’ensemble des photos prises par Mathieu Delmestre


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Michel Ottaway

Chers camarades, le temps est ce qu’il est. Vu les circonstances, je crois qu’on aurait besoin d’une université d’été. On n’en a ni la logistique, ni les moyens financiers pour réfléchir. Après les deux désastres électoraux qu’on a connu en mai et en juin, on perd Mélenchon, et puis cerise sur le gâteau en quelques jours, deux figures de notre parti, Manuel Vals puis Benoît Hamon, trouvent nécessaire, juste, de quitter le parti socialiste. Depuis des semaines, après ce désastre, on n’a pas cessé d’entendre des fossoyeurs impatients qui disent que « le parti socialiste est mort ». Comme le disait d’ailleurs un de nos responsables de la fédération de Paris : « La marque ne vaut plus rien ». J’en passe et des pires. Alors je connais un excellent professeur de science politique, qui a écrit des chroniques ces dernières années sur la « gauche zombie » : Est-ce que vous êtes morts-vivants ? Que reste-t’il du PS ?

Vous connaissez ce vers fameux de Lamartine, « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » ? Bon. Malgré le départ de Hamon et de Vals, il reste encore, malgré ces désastres, malgré le crève-cœur que représente la lecture des résultats électoraux, on pense notamment au Nord-Pas-de-Calais, mais aussi dans notre bonne ville de Paris, il reste des dizaines de milliers de militants, et de sympathisants, d’électeurs d’élus aussi. Donc il reste quelque chose à faire dans ce qui s’appelle un parti. Churchill disait « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres déjà essayés par le passé ». Les partis aussi. Nous connaissons pour le nôtre, comme pour d’autres, toutes les tares, les insuffisances. On réfléchit dessus depuis un siècle. Mais nous sommes ici à un carrefour de citoyens engagés. Et qu’est-ce qu’un parti politique, sinon une association de citoyens engagés sur des idées, des projets, qui sélectionnent un certains nombre de personnes pour exercer des responsabilités où elles en ont le pouvoir. Le pouvoir. Ça me fait penser à un ouvrage de monsieur Gérard Grunberg avec notre ami Bergounioux, sur la gauche des réticences du pouvoir (Le long remord du pouvoir). Je suis stupéfait de lire dans le Parisien de ce dimanche que Gérard Grunberg, spécialiste éminent, désespère totalement de nous : « Rien ne peut plus sortir de nos rangs, aucune recomposition n’est possible à partir du parti socialiste ».

Alors, chers camarades, moi, je mets plus qu’en doute ces approximations, même, ces jugements. Mon inquiétude, c’est qu’il va nous falloir du temps pour faire le bilan. Mais le bilan pas seulement du quinquennat, avec ses insuffisances, ses déceptions et tout. Je dirai carrément, ayant vécu cette période, depuis 81 : Comment en sommes-nous arrivé ici, dans ces circonstances ?

La question qui se pose pour faire un bilan de nos réflexions, c’est « qu’est-ce que ? ». Et je pense au président, aux ministres, aux responsables du parti, aux élus de toutes natures. Qu’est-ce que l’on a pas su faire ? Qu’est-ce que l’on a pas pu faire ? Qu’est-ce que l’on a pas voulu faire ? Voilà les questions. Le socialisme, j’ose dire, est encore à l’ordre du jour. Actuellement, là aussi des gens se grattent la tête en disant « c’est mort ». Vous connaissez peut-être les joies du rubik’s cube. Le rubik’s cube, ce cube fait d’une multitude de cubes de couleurs différentes. Le langage politique en France, comme ailleurs, est très limité, usé, raboté. Alors vous prenez les mots « démocrate », « progressiste », « gauche », « humanisme », vous remaniez tout ça, et surtout vous évitez « socialiste ». Le socialisme a été défiguré, notamment par la période de l’union soviétique, où nous devions écouter à la radio des journalistes qui se pourléchaient les babines. Sans doute avaient-ils reçus des instructions pour bien parler des états socialistes, le fameux socialisme-oreille. Il a été défiguré. Il a été trahi. Il a été travesti. Mais il me semble qu’il reste encore d’actualité comme une critique fondamentale de notre société : la recherche de l’égalité réelle, la lutte contre la marchandisation de tous les rapports humains, la financiarisation de l’école. Vaste programme. Je dois dire au passage, justement, que nous avons nos lectures du dimanche, je vous ai cité Le Parisien. Journal du dimanche, une pleine page qui ne m’a rien appris. Enfin ce qui consacre la chose, c’est de voir, que dans l’entonnoir, le conglomérat autour de la marche républicaine, se sont engouffrés beaucoup de nos camarades, et que moi-même j’ai fréquenté, qui cherchaient à renouveler la sociale-démocratie, y compris le député, futur ministre du troisième et du dixième, et qui osaient revendiquer Rocard, Jospin, et la sociale-démocratie. Imaginez-vous un peu que l’on puisse réfléchir à un renouvellement de la sociale démocratie à côté de Bruno le maire, par exemple. Et il y en a d’autres. Sans doute certains camarades sont de bonne foi, désespérés, mais c’est pour le moins la compromission. Et de l’autre coté, avec Mélenchon, la résurgence d’une gauche radicale, d’une gauche de contestation, quasiment insurrectionnelle, qui n’est pas non plus la voie que nous pouvons souhaiter. Alors le chemin est étroit. Je dirai que le chemin de ceux qui se veulent réformistes-socialistes-conséquents-radicaux est une ligne de crête entre ces deux versants : débouler chez Macron, débouler chez Mélenchon. Je pense que ce sont les deux risques qu’on peut courir.

Il y aurait de quoi parler trois heures. Je sens que je vais dépasser mon temps de parole, mais je voudrai dire mon inquiétude. C’est qu’il faudra du temps pour réfléchir. Les événements, en France comme ailleurs, peuvent se précipiter. Face à l’incongruité, même plus que ça, l’imposture de certaines des politiques qui vont être confirmées demain et après demain, il va y avoir la nécessité de riposter, et combien de fois on me dit : « Mais…vous êtes socialiste ? Qu’est-ce que c’est le socialisme ? À quoi bon voter pour un socialiste ? ». Alors il va falloir trouver des éléments, non pas de langage comme dit l’autre, mais des éléments de riposte sans avoir encore le projet qui doit s’élaborer sur deux ans. Car, mes chers camarades, il n y aura pas d’élection en 2018. 2019, les élections européennes, et on ne renouvellera pas l’Europe, on ne la réorientera pas, sans renouveler la sociale-démocratie de tous  nos partis avec lesquels il faut aussi débattre. Donc il y a la nécessité de repartir sur des bases nouvelles comme on dit, et de prendre le temps qu’il faut. Et nous avons, effectivement, devant nous, certains se le disent avec délectation, des ruines. Des ruines. Mais je prétends qu’il y a encore quelques murs qui sont debout. Je prétends qu’il y a encore des pierres de fondation qui sont encore stables et saines, et je crois que nous pouvons reconstruire là-dessus. Dans la municipalité parisienne on sait tout ce qu’il y a entre la réhabilitation, la rénovation. Je ne pense pas qu’il y ait un très beau chant révolutionnaire que nous avons peut-être quelques un chanté. Je ne pense pas. Les leçons de l’histoire sont là que du passé on peut faire table rase.

Je conclus pour dire que nous devons nous revoir, travailler, travailler sans relâche, au delà des frontières de nos sections, au-delà des frontières de notre parti national. Nous devons travailler. Devant ce spectacle de ruines fumantes, je tiens à vous dire qu’il y a beaucoup de cendre, mais il y a encore des braises et sous ces braises il y a encore une flamme. Et cette flamme, c’est celle de notre idéal et de notre espérance. Donc nous devons travailler.

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François Comet

Je suis secrétaire du 6eme arrondissement et ai été suppléant de Marine Rosset sur la deuxième circonscription de Paris, avec comme adversaire Nathalie Kosciusko-Morizet. Circonscription dans laquelle nous avons perdu 80 % de nos électeurs par rapport à 2012. J’entends le besoin de reconstruire. Ce dont je voudrais parler aujourd’hui, c’est d’initiative locale, car je pense que pendant les travaux, la boutique doit rester ouverte. Les travaux de reconstruction vont être longs. On en a parlé, il faut qu’on retrouve un équilibre, il faut qu’on retrouve des propositions, il faut qu’on retrouve l’oreille de nos concitoyens, et pendant ce temps, on ne peut pas laisser comme seule opposition La France insoumise, et on ne peut pas laisser les équipes d’En Marche comme étant les seules à utiliser l’intelligence collective. Alors je propose, que dès la rentrée nous puissions mobiliser un certain nombre de camarades, éventuellement en dehors du parti, et que nous soyons capables de nous positionner sur un certain nombre de projets de lois. Nous avons, dans nos textes, beaucoup parlé de pratique démocratique, d’évolution des pratiques démocratiques, de co-construction législative, du besoin qu’on avait de ne pas avoir uniquement un bulletin de vote à déposer tous les 5 ans. Nous sommes dans l’opposition. Nous sommes laminés actuellement, mais un certain nombre de ces idées, nous pouvons quand même les mettre en pratique.

Nous pouvons par exemple, en amont des textes de lois qui vont être présentés en 2018, commencer des idées de co-construction de façon à pouvoir proposer un certain nombre de positons, ou un certain nombre d’amendements sur les lois qui vont venir en discussion. Ça, nous pouvons le faire, évidemment en interne, et au début on n’est probablement pas si attractif que les gens se précipitent à nos ateliers et veuillent parler avec nous de la manière de construire la loi et des amendements qu’on peut déposer. Mais ça nous permettra d’avoir au moins une présence locale, et c’est une présence importante parce-que je vous disais tout à l’heure qu’on a perdu 80 % de nos électeur sur la circonscription. Cela ne veut pas dire qu’ils sont devenus d’extrême droite ou d’extrême gauche, ou libéraux ou ultra libéraux, mais ça veut dire que peut-être ces 80 % de gens, un jour, et peut-être relativement rapidement, vont avoir envie de revenir. S’ils veulent revenir sur un parti qui leur dit « écoutez je suis en train de réfléchir, revenez dans un an et demi parce-que là j’aurai vraiment quelque chose à vous proposer », on va vraiment avoir un problème.

Donc, je pense qu’il faut qu’on travaille directement et rapidement, par exemple sur des projets de co-construction législative. Je pense aussi que pour ça, et c’est pour ça que je veux intervenir aujourd’hui, c’est quelque chose de très difficile à faire tout seul dans une section, et donc un apport ou une aide, un support de la fédération serait le bienvenu sur ce domaine-là. La fédération peut nous aider beaucoup sur le thème « formation » , sur le thème « aide au débat », « prêt de personne sachant argumenter », et peut aider aussi sur le fait de faire remonter. Il est important qu’on explique bien aux gens que ce qu’on fait dans le terrain ne va pas se perdre sur le terrain , mais pourra remonter et effectivement jouer un rôle sur la mise en place de la loi.

Voilà, c’était un peu l’idée de mon propos, alors je sais que ce n’est qu’une partie très modeste d’action sur le terrain, ce n’est évidemment pas pour solde de tout compte. Il faut en parallèle, et beaucoup d’autres en ont parlé, rebâtir. Il faut réfléchir, il faut retrouver une doxa, retrouver ce que veut dire le mot « socialiste »  aujourd’hui. Tout ça, effectivement, il faut le faire, et je pense qu’il est important de montrer rapidement, non seulement qu’on est sur le terrain, mais qu’éventuellement un certain nombre de nos pratiques ont changé.

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Galiana Olivier

Je voulais insister sur le fait que, militant dans le 15eme où nous avons pu constater que deux députés que l’on considérait comme imbattables, l’ont été il y a  une quinzaine de jours, et donc, rien n’est impossible. Il est certain que si nous essayons collectivement de travailler sur un projet, nous réussirons d’ici peu à reconquérir le terrain électoral. Ceci dit, je voudrai quand même insister sur un point. Il y a 27 millions de français qui ne sont pas allés voter aux élections législative. Ce chiffre là est considérable. Il y a une fracture démocratique qui est entrain de se creuser dans ce pays. Un peu moins vrai sur Paris que dans le reste du territoire national, mais quand on regarde certains chiffres en banlieue proche, on s’aperçoit que ce divorce est profond, et que cette indifférence est entrain de se marquer de plus en plus. Donc il y a un enjeu pour nous, essentiel, de réfléchir sur l’évolution de nos institutions. Sur, aussi bien l’introduction d’une dose de proportionnel, à l’Assemblée nationale. Nous l’avons fait, puisqu’en 1986 nous avions des députés qui étaient élus à l’échelon départemental. Il faut aussi réfléchir sur la suppression du 49.3, il faut réfléchir sur la démocratie économique et sociale dans l’entreprise, un enjeu fondamental sur lequel nous avons déserté depuis les lois Auroux malheureusement, et sur lesquelles il va falloir évidemment revenir.

Donc je pense que notre chemin vers la reconquête du pouvoir peut être long, mais il faut d’abord s’interroger sur notre identité, notre projet collectif, sur la façon dont demain nous allons parler aux Français et, ce n’est pas en restant sur des petits jeux d’appareil que nous y arriverons. Si nous continuons comme ça, effectivement, demain, LREM, qui est dans une logique de substitution du parti socialiste, nous aura remplacé.

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Isabelle Roy

Bonjour à toutes et à tous. Je voulais remercier Emmanuel Grégoire et la Fédération d’avoir organisé ce moment d’échanges collectifs. Alors évidemment, nous avons connu une défaite historique lourde. Ça, je pense qu’on ne peut pas le nier. Ce qui nous met du coup devant un défi historique immense. Pour autant, nous, socialistes, nous ne sommes pas rien. Nous représentons un courant d’idées, nous représentons des valeurs, nous représentons un projet de société, des réalisations que nous avons portées depuis plus d’un siècle, qui ont permis des progrès dans la société, pour nos concitoyens.

Donc, nous avons un héritage, aujourd’hui, qui est à défendre. Ce que je voulais partager avec vous, c’est que même si on est à la fin d’un cycle, je pense à la fin du parti d’Epinay, je reste profondément optimiste pour notre parti. Parce-que je suis persuadée que nous avons un espace politique à prendre, pour une gauche de gouvernement, pour une gauche réformiste et sociale-démocrate. Alors, comment pouvons-nous faire maintenant pour refonder notre Parti Socialiste ? Puisque c’est ça la question qui va nous occuper aujourd’hui. J’y vois deux conditions qui sont aussi deux étapes pour réussir.

            La première, il me semble, c’est que nous devons tout remettre à plat. Je rejoins un peu ce qu’a dit Michel au début, c’est-à-dire que ce n’est pas seulement le quinquennat avec ses réussites. Il y a eu des réussites dans ce quinquennat. Il y a eu des insuffisances. Il faut être objectif et être rigoureux.  Mais aussi, je pense qu’il faut remonter beaucoup plus loin pour regarder ce que nous avons fait pendant les dernières décennies. Et c’est pour ça que je militerais bien pour des Assises. Des Assises du Parti Socialiste, qui nous permettraient de tout remettre à plat, de regarder un peu ce qui a fonctionné comme ce qui n’a pas fonctionné, de regarder aussi comment notre société a évolué depuis toutes ces décennies. Et je pense que ces Assises devraient aussi avoir une déclinaison locale. Déclinaison locale parisienne par arrondissement, pour que nous soyons plus proches du contact avec de nos concitoyens. Je verrais bien, déjà, trois thématiques que je trouve assez porteuses de ce que représente notre projet socialiste.

– L’Europe : il me semble très important de ne pas laisser ce sujet à d’autres.

– La question du travail et de son évolution : nous avons toujours défendu en tant que Parti Socialiste l’émancipation de l’individu, la réduction et la lutte contre les inégalités. Pour moi, la question du travail est essentielle.

– Il y a aussi la question démocratique : très importante avec le triptyque démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative. J’insiste beaucoup sur ce sujet de la démocratie participative, parce-que d’abord, à Paris, nous sommes exemplaires avec la mise en place du budget participatif. Mais je crois que nous devons aussi imaginer d’autres solutions, comme par exemple la co-construction des lois, ce qui avait déjà été un peu fait sous le quinquennat avec Axelle Lemaire notamment, sur le numérique, et je pense que c’est vraiment une piste a explorer. D’ailleurs, nous avions fait une réunion des REC avec des civic techs pour réfléchir à ce problème. Donc pour moi, c’est quelque chose qui doit vraiment être approfondi. Il serait bien qu’on puisse prendre en compte cette idée.

Et puis pour terminer, je pense que ces Assises doivent être ouvertes. J’ai parlé de déclinaisons locales, mais surtout que cela soit ouvert, avec bien sûr nos militants, mais aussi les sympathisants, les associations, les intellectuels, tous les citoyens qui ont envie de participer à la refondation du Parti Socialiste et de la gauche.

Et le deuxième sujet de ces Assises, c’est bien sûr le projet, et dans un deuxième temps cela doit être : « Qu’est-ce que c’est aujourd’hui un parti politique ? Qu’est-ce que ça doit être le Parti politique Socialiste aujourd’hui ? ». Je pense qu’il faut revoir nos modalités de fonctionnement, mais aussi réfléchir à des nouvelles formes de militantisme, des nouvelles modalités d’ouverture et de discussion avec la société.

            Et le deuxième facteur de réussite, à mon avis, c’est notre congrès. Notre congrès doit absolument trancher une ligne politique qui soit claire. Et moi, franchement, je ne veux plus que nous ayons des synthèses molles qui ne veulent plus rien dire. On essaye de mettre tout le monde d’accord, et on s’aperçoit que ça ne marche pas, peu de temps après d’ailleurs. Donc, si on veut s’en sortir demain, si on veut retrouver de la crédibilité, il faut dégager cette ligne politique claire, sinon, on n’y arrivera pas.

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Léonce Ntsaou

Je suis content d’être avec vous ce soir, cet après midi, parce-que c’est un signe de mobilisation des militants. Après ces séquences là, nous voir aussi nombreux c’est parfois désespéré, mais je suis content d’être là. Je suis engagé au parti socialiste pour ses valeurs, les idées que le parti a apporté, les combats que le parti a mené pour la justice sociale, pour l’égalité, l’égalité des droits, l’égalité homme-femme, même si certains ne se traduisent pas toujours concrètement, dans les pratiques, pour la liberté. On ne le dit pas toujours assez mais, permettre aux gens de se réaliser, accompagner chacun de nous pour gommer les inégalités de départ, pour insuffler le plus de justice sociale, ce sont les valeurs qui m’ont emmenées au parti socialiste. Et je pense qu’il y a encore de l’espace pour le combat. Il y a encore beaucoup d’inégalités à combattre. Je ne vais pas revenir sur les conséquences qui ont mené le parti dans cet état, mais ce qui est sûr c’est qu il y a aussi un problème de démocratie au sein de notre parti.

En tant que militant on a parfois été choqué des décisions qui sont prises à la tête du parti, sans consulter les personnes qui le font vivre au quotidien. On a parfois eu l’impression d’être juste là pour voter des conventions, voter des listes, sans nous demander notre avis. Et lorsque qu’on nous consulte, parfois le parti s’assoit sur les décisions des militants. Donc ce sont des pratiques qui peuvent, ou qui ont pu décourager certains camarades. Ce sont des pratiques que nous avons parfois acceptées sans trop nous y opposer.

Et je pense que dans la séquence qui arrive, il faut que la reconstruction parte du bas. Il y a des projets de texte à proposer aux militants pour le vote, et je pense que ça doit partir du bas. On doit travailler dans chaque section, dans chaque fédération, pour savoir quel socialisme nous voulons pour demain. Trancher la ligne. Ça a été dit, pendant des années on n’a pas répondu à la vraie question du socialisme au 21ème siècle. On n’a pas tranché la question sur « quelle Europe ? ». Moi j’ai le souvenir d’une convention Européenne qui a été organisée il y a quelques années au niveau national, mais dont les conclusions n’ont jamais été portées. On s’est assis là aussi là-dessus, alors qu’on avait mobilisé les militants dans chaque section. On avait travaillé, on avait réuni des amis, pour réfléchir à « quelle Europe nous voulons ? ». Et pendant les présidentielles, les mêmes sujets sont revenus, les mêmes préoccupations sont revenues.

Donc je pense qu’il faut vraiment mettre le militant au cœur du projet de refondation du parti et non pas, comme ça a été fait par le passé, nous imposer toujours des textes et proposer des synthèses où personne, finalement, ne se retrouve, et qui ne satisfont personne. Voilà c’est ce que je voulais dire pour aujourd’hui.

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Yasmine El Jaï

Effectivement c’est compliqué d’être militant ou militante au parti socialiste en ce moment. Emmanuel Grégoire l’a dit, on a un peu un moral d’acier d’avoir tenu ces campagnes, primaires, présidentielle, législatives. Mais par contre, moi ce qui me conforte, c’est qu’un certain nombre d’entre nous sont des militants qui sont là pour des convictions, pour défendre des valeurs, pour défendre un idéal de ce qu’on veut pour notre pays demain, et finalement avec des gens y compris de gauche qui ont dit « Oh mais le PS franchement qu’est-ce que vous faites ? » , et quand on finit par parler valeurs et convictions, ils me disent « Ah ! Finalement le PS il y a des convictions, il y a des valeurs, c’est pas uniquement la loi Travail ou autres mesures qui ont pu faire divergence ». J’avais envie de faire écho avec ce qui a été dit juste avant.

L’enjeu de demain, pour notre parti c’est effectivement de remettre les militants au cœur de notre parti, et qu’on n’ait plus l’impression  d’être des bêtes à tracter ou à voter. Ça fait écho avec ce que doit être la politique de demain. On ne peut plus mener une action politique sans que les habitants et les personnes concernées soient au cœur des décisions. C’est ce qu’on a défendu pendant les élections présidentielles et les élections législatives. Donc je crois que l’enjeu pour nous, pour demain il est là, parce qu’effectivement quand on voit le taux d abstention, 55%, enfin j’ai pas le détail, mais dans ma circonscription c’était 55 % d’abstention pour des quartiers populaires, pour des personnes qui ne se sentent ni associés ni concernés, qui ont l’impression que les décisions politiques qui sont prises sont loin d’elles. Alors que finalement elles seront les premières touchées par ce qui va se passer, ce qui va être décidé. Donc voilà je me réjouis d’être là aujourd’hui et qu’on soit aussi nombreux, et je pense que : « Au travail ! A nous tous et toutes pour demain ».

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Maurice Basquin

Chers camarades, le thème de mon intervention est la laïcité. On ne peut pas parler de tout en trois minutes, donc j’ai voulu cibler. Je me présente. Maurice Basquin. Bac 68, généralement ça fait sourire. Ingénieur Informatique INSA de Lyon. Retraité. Je suis membre de la section PS Daniel Sérus  Paris 17ème. Je suis également administrateur de l’association EGALE « égalité, laïcité Europe ». Je travaille sur la laïcité en France et également en Europe. On a fait quelques interventions et on va encore en faire auprès des instances bruxelloises. Je suis également RMP [Représentant de la Maire de Paris] dans deux écoles maternelles du 17ème.

Depuis de nombreuses années le principe de laïcité, élaboré par nos prédécesseurs, a subi au sein du PS une dérive forte vers les communautarismes et les accommendements raisonnables. Les influences anglo-saxonnes et québécoises, sous prétexte électoralisme, sans aucun résultat, prospèrent. Le PS devra se fixer pour objectif le retour à la laïcité à la française, à savoir, la reconnaissance d’aucun culte, et non pas de tous les cultes comme certains l’ont dit, le financement public d’aucun culte, l’indépendance réciproque des pouvoirs publiques et des instances religieuses, ainsi que le prima des lois de la République, présentes et  à venir, sur les lois religieuses.

Il faut noter que la majorité des Français se dit sans religions, et qu’il y a plus de temples évangélistes, financés par leurs fidèles, que de mosquées en France (chiffres du ministère de l’Intérieur). Une fiche de route significative devra être adoptée, rétablissant l’égalité entre les religions, en supprimant certains privilèges, sans traumatiser les musulmans: Extension concertée de la loi de 1905 aux départements de la Moselle, du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Guyane; Contrôle effectif de la non-utilisation confessionnelle de fonds publics, aussi bien au niveau de l’Etat que des collectivités territoriales, mais un vrai contrôle parce qu’aujourd’hui, quasiment rien n’est fait ou très peu. Et puis, une dernière mesure symbolique mais très importante à mes yeux, c’est le transfert des cendres d’Aristide Briand au Panthéon. Quand j’ai écrit ça, le décès de Simone Veil n’avait pas été annoncé, et je pense qu’effectivement une panthéonisation mixte, Aristide Briand et puis Simone Veil, serait un grand honneur pour la France. Tels sont mes souhaits pour le PS. Salut et fraternité.

Et vous, que pensez vous de la Laïcité ?Retour en haut


Alain Ternot

Je suis véritablement ému de me retrouver avec vous, parce-que je fais parti des revenants, revenus. Alors pour le « R » il va falloir trouver un mot, mais la « Rencontre » ça reste vrai. La « Refondation » va être peut-être difficile, mais on n’est pas là pour faire des choses faciles. J’ai le souvenir en 93 après cette défaite, avoir défilé à la demande de la Fédération de Paris de l’époque, et que des « ultra »  nous balançaient des tomates. Ce sont des Parisiens qui leur ont dit : «  Mais c’est pas eux, eux c’est des militants, c’est pas eux qu’ont abîmé le PS ». Je pense qu’il n’y a aucun doute que le socialisme a besoin d’être là. Mes chers camarades, mes chers amis, j’ai appris hier, alors je suis un peu provocateur des fois, mais hier j’ai appris de la bouche de Benoît Hamon, que, Louis X Le Hutin, c’était lui qui avait reconnu et qui l’avait décrété, que « toute personne qui arrivait en France avait le Droit des Français ». Et ça, c’est quand même beau, ça remonte pas à la République, même si la République s’en est bien heureusement saisi.

Pour dire vite les choses, je crois que nous avons un devoir de mémoire. Devoir de mémoire, on en parle évidemment avec Madame Veil, on en parlait avec Aristide Briand. Le devoir de mémoire est essentiel notamment avec la reconnaissance, avec la réparation, et avec la prévention qui va avec. Nous, notre devoir de mémoire commence dès le préambule de 1789. Si vous le relisez, vous serez saisi par l’actualité de ce texte qui met en évidence le pourquoi de la corruption des gouvernements par l’ignorance des droits. Et pour faire très vite en trois minutes. On s’est excité, enfin… légitimement chamaillés, sur la loi Travail, alors que pendant tout le quinquennat j’ai essayé de faire des alertes sur la question des droits du travail. Oui ! Mais dans le préambule de 1946, qu’est-ce qu’on dit ? On dit le Droit « Au » Travail. Et il faudrait nous en souvenir ! Et en terme d’organisation, nous avons une Justice, un Législatif et un Exécutif. En réalité nous avons plusieurs « Exécutifs ». L’Exécutif d’état, effectivement ne partage pas nos valeurs. En revanche, l’Exécutif de Ville, de Département et de « commune », les partagent. Liberté Egalité Fraternité laïcité. Je n’ai aucune honte aujourd’hui, je vais vous le dire, je n’ai aucune honte à avoir dit « Oui » à Benoît Hamon, parce-qu’en préambule il a dit que c’était un mouvement qui dépassait les mouvements politiques, comme d’autres ont essayé de le faire en leur temps, mais sauf qu’ils ne l’ont pas dépassé longtemps. Aujourd’hui je n’ai aucune honte. Mes convictions je les garde. Je suis favorable au projet politique qu’a exposé Benoît Hamon et quand il m’a posé la question hier si « j’étais avec lui » je lui ai dit « oui ». Il ne m’a pas demandé de quitter le PS, et je ne quitterai pas le PS. Je milite depuis longtemps pour la citoyenneté des personnes morales, qui s’expriment aujourd’hui par la Responsabilité Sociétale des Entreprises et des Organisations. Je suis donc tenu au devoir de réserve par la commission AFNOR. Il n’empêche qu’à la commission Afnor comme ici, comme ailleurs, je serai fidèle à mes convictions et j’apporterai ma contribution sur le plan des organisations.

Pour finir, puisque je disais que je finissais, la question essentielle est aussi que le Travail et la Démocratie ont été écrasés dans l’organisation du parti socialiste qui ne parlait que de territoire, de fédération, de sections locale, en oubliant complètement et en marchant carrément, et depuis des dizaines d’années sur les Sections d’entreprises, les GSE, et la Commission Nationale Entreprise. Et ça, je crois qu’il faut qu’il en soit fini, et que si on veut parler travail, il faut que les sections, que le monde du travail, soit à égalité de traitement dans notre organisation, que le monde des territoires.

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Yohan Favreau

Le constat est clair. Le diagnostic unanimement partagé : une page se tourne. Le parti socialiste, s’il n est pas encore mort, ou pas tout a fait, se vide de certaines de ces figures politiques, de ces militants, plus grave, de ces électeurs. Mais arrêtons nous un instant. De quoi parle-t-on ? Les femmes, les hommes meurent. Les mouvements politiques, les partis politiques, se transforment, évoluent, ou disparaissent.

Mais les idées, elles, sommeillent, attendant d’être à nouveau portées, défendues. Militant, je me suis engagé pour défendre des idéaux. Alors j’entends bien toutes les interventions sur l’actualité, le code du travail etc, mais, pour moi après ce sont des moyens. Repensons déjà peut-être notre position par rapport à la justice sociale, l’émancipation individuelle, le rôle du progrès.

Aujourd’hui, à mon sens, la devise républicaine, n’est pas pleinement incarnée. Entre la liberté, libéralisme, portée par le parti des gagnants, et l’égalité, égalitarisme, défendue par un populisme éructant, il y a un espace. Je vois un espace pour un mouvement de la fraternité, capable de repenser la cohésion sociale, de faire vivre pleinement notre devise républicaine. J’ai un fils de 4 ans. Nos actions, dans les prochaines semaines, vont contribuer à dessiner la société dans laquelle il va évoluer. N’oublions pas qu’à la question « quelle planète pour nos enfants ? », il existe un corollaire « quels enfants pour la planète ? ». Nous avons une grande responsabilité collective, devant les françaises et les Français, mais également vis-à-vis de nous-même.

J’en termine donc avec cette question : allons-nous laisser nos idées et nos valeurs se flétrir, ou allons nous agir collectivement, et nous battre, pour les faire gagner ? Vive la république sociale !

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Danièle Hoffman-Rispal

Bonjour camarades. Je n’avais pas l’intention de prendre la parole et je ne m’étais pas inscrite. Je regardais la salle, depuis un petit quart d’heure, 20 minutes, je vois que les militants qui s’expriment sont là, sont présents, ont envie de dire des choses, et je viens de me rendre compte, qu’il y a un, peut-être deux élus qui nous écoutent, et que tous les autres sont de l’autre côté en train de boire un verre, et n’écoutent pas ce que nous sommes en train de dire. Si on veut reconstruire ce parti, je pense qu’il faudrait quand même qu’il y ait une écoute d’en haut vers le bas et d’en bas vers le haut. Ce qui est en train de se passer aujourd’hui est révélateur que l’on aura toujours du mal à changer les choses tant que d’un côté il y a la basse qui parle et de l’autre côté il y a les élus qui boivent un verre. Je suis scandalisée (applaudissements) et donc j’avais envie de le dire, ce n’est pas pour faire du basisme. J’ai été élue longtemps, mais j’étais toujours avec vous, et cela me navre de voir des choses comme ça.

Un autre mot, Isabelle Roy a dit tout à l’heure, « il faut une ligne politique claire ». J’ai 43 ans de parti, je dois être une des plus vieilles adhérentes de cette fédération …43 ans cela donne à réfléchir. Je ne suis pas si vielle que ça mais j’ai adhéré très jeune. J’ai participé à des congres, j’ai suivi des candidats puis d’autres candidats, et puis des défaites…comme dit un de mes meilleurs amis du 11eme, « on en est à la 5ème  mort du PS ». Michel Rocard disait « la 4ème », cette fois c’est donc bien la 5ème . Il est vrai qu’on a toujours rebondit. Et c’est vrai qu’on a toujours perdu, parce-qu’on ne gagne que quand la France va mal. On gagne avec des promesses dans une France qui va mal, qu’on ne peut jamais tenir, parce-qu’elle va beaucoup plus mal que ce qu’on pensait trouver en arrivant. Ça a été vrai en 81, ça a été vrai en 97 et ça a été vrai en 2012. Il faudrait peut-être se mettre à penser et à réfléchir, à construire des programmes qui ne soient plus dans l’archaïsme de ce que nous avons fait et connu. La société a changée, nous défendons l’intérêt collectif, l’intérêt général, dans une société où l’individu pense d’abord à lui. Il faudra arriver à trouver un discours qui sache allier cette référence à l’intérêt collectif, avec ce qu’est aujourd’hui l’individu dans une société numérique, High-tech, tout ce que vous voulez. Je crois que c’est un travail que nous n’avons pas encore assez fait. Et comme le fait remarquer Isabelle Roy, pour les congrès, déterminer une ligne claire. Je ne sais pas si je resterai au PS, je vous le dis franchement, au bout de 43 ans, je n’accepterai plus n’importe quoi. Je veux une ligne politique, capable d’être mise en œuvre le jour où nous gagnerons le pouvoir, pas des promesses en l’air qui ne servent à rien puisqu’on sait qu’on ne les appliquera pas. J’ai envie qu’on regagne un jour, je pense que cela ne pourra se faire que dans la clarté.

En tout cas, camarades, bravo d’être là.

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Roger Rotmann

Beaucoup ont déjà dit la déroute que nous avons subie; mais il faut ajouter qu’en plus de tout le reste, elle nous oblige à faire face, je crois, à une difficulté particulière. C’est-à-dire que nous devons à la fois réaffirmer et redéfinir notre identité historique, et en même temps, prendre position par rapport au temps politique, au moment politique que nous vivons. Et c’est une vraie difficulté. Parce-qu’il faut bien se rendre compte que ces deux démarches ne se confondent pas, et qu’il ne faut surtout pas les mélanger. Alors, il y a une chose qu’il faut aussi répéter, c’est que le fait que Macron ait capté une bonne partie de l’électorat social-démocrate, notre électorat, ne remet pas en cause, notre rôle historique ni celui de la social-démocratie. Ce sont deux niveaux différents. Macron est un libéral, au mieux un libéral progressiste, et ce sont les entrepreneurs qui sont au cœur, comme c’est logique d’ailleurs, de son projet. Alors que pour la social-démocratie, du moins une partie d’entre elle, et j’espère pour nous, c’est l’émancipation du travail qui reste l’horizon et nous ne croyons pas, et ça c’est une grosse opposition, nous ne croyons pas que l’histoire soit finie, que les rapport de production, de propriétés telles qu’ils existent soient une réalité inébranlable et qui ne peut jamais changer. Et c’est pour cela au fond que nos chemins divergent nécessairement avec ceux qui sont et qui seront empruntés par l’actuelle majorité. Et il n’est donné à personne, ni à Macron, ni à Hamon, ni à Vals, ni aux autres, de gommer l’histoire, tout simplement. Mais à l’inverse, je crois que ce qui serait quand même assez suicidaire, ce serait de s’imaginer que telle ou telle prise de position, finalement un peu tactique, comme par exemple s’affirmer très précipitamment, très vigoureusement dans une opposition face à une politique dont nous ne connaissons ni les rythmes ni les modalités ni les équilibres, puisse se substituer (ce qui ne serait en fait qu’une posture) à un vrai travail de refondation autour justement de cette idée d’émancipation.

Donc pour répondre aux nécessités de l’heure, nous devons être capable de distinguer deux choses qui sont à mon avis bien différentes. D’un coté, la politique du nouveau pouvoir qui ne va évidemment pas nous satisfaire, et de l’autre, quelque chose comme l’espoir fragile que Macron a suscité. Et là, il ne faut pas avoir la mémoire sélective. C’est la première fois depuis assez longtemps, qu’un coup d’arrêt à été porté à la montée du populisme. Ça a été un coup d’arrêt que nous n’espérions plus, et je crois que nous sommes d’une certaine façon, pas « avec » Macron, mais éventuellement « différemment » voire « contre » lui, comptables aussi de cet espoir. Alors bien sûr, nous allons nous opposer à certains projets, en soutenir d’autres, et surtout formuler nos propres positions, parce que c’est là l’essentiel. Mais au cœur de tout ça, il doit y avoir le souci de préserver la possibilité d’un espoir, de le ramener à nous, et de lui restituer son sens historique véritable.

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Jean-Pierre Gallois

Bonjour. Tout d’abord, je voudrais dire que, moi, je ne suis pas un héros, puisque je suis un adhérent de la dernière heure. J’ai pris ma carte au parti socialiste au soir du 2ème tour de l’élection présidentielle (applaudissements), parce-que je crois qu… enfin… ça ne mérite pas d’applaudissements, c’est du pur opportunisme. Je crois que maintenant, ce qui me retenait jusque là, c’est que je n’avais pas l’impression que le débat pouvait être ouvert, en tout cas, pas jusqu’à la base, et maintenant je crois qu’il y a cette possibilité.

Pourquoi je parle de débat ? Ça a déjà été évoqué. Parce qu’il y a vraiment quelque chose qui me tient à cœur, actuellement, c’est d’évoquer le bilan. Non pas le bilan du précédent quinquennat de François Hollande, mais le bilan de depuis 1981, depuis cette vague d‘enthousiasme qui avait porté François Mitterrand à la présidence et qui a permis au parti socialiste de jouer pendant 36 ans, et ce n’est peut-être pas fini, un rôle majeur dans la politique française. Savoir faire ce bilan serait évidemment faire une part d’autocritique, parce que comprendre comment on est passé de ce formidable espoir, de ces énormes attentes à, aujourd’hui, cette frustration, cette déception, et ce rejet viscéral qu’on a pu constater, vraiment ça vaut la peine de se poser la question. Et se poser la question c’est en débattre. En débattre de la manière la plus large possible, et sans sectarisme comme ça a été déjà évoqué. Pourquoi ? Simplement pour pouvoir, à l’issue de ce débat, accoucher non pas d’un programme mais d’un projet qui permettrait d’adapter le socialisme au monde global d’aujourd’hui dont on ne maîtrise pas l’évolution mais dont on ne peut accepter cette structure d’une société divisée en trois catégories : les puissants, les consommateurs et les exclus. Ça ce n’est plus tolérable, on ne peut pas s’y résigner.

Donc voilà, je souhaite ce débat et je crois que ça serait se mettre le doigt dans l’œil que de penser que la défaite n’a été dû qu’au charme juvénile d’un Macron ou à la rhétorique nettement plus virile d’un Mélenchon. Non. Il faut vraiment assumer notre part de responsabilité. Assumer toute cette espèce d’inconscience, voire même d‘arrogance, qui a amené le parti socialiste à se persuader qu’il pouvait compter sur l’indéfectible fidélité d’un électorat alors même qu’il multipliait les infidélités tant envers ses engagements qu’envers ses valeurs. Donc aujourd’hui, je crois que je ne vais pas entrer trop dans le détail mais si l’on veut récolter un jour, il faut semer, et il faut semer maintenant, même si certains ont choisi d’ores et déjà d’aller moissonner dans le champ du voisin ou d’aller en franc-tireur cultiver son petit lopin de terre à l’écart.

Notre responsabilité, c’est la responsabilité de raviver la flamme du socialisme, de l’humanisme parce que c’est le seul rempart contre l’asservissement du plus grand nombre et contre le retour à la loi barbare, à la loi de la jungle.

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Albert Peirano, UDE

Chers amis, je ne suis pas adhérent du parti socialiste, je suis écologiste, membre de l’Union des Démocrates et des écologistes. Nous avons participé à  la « belle alliance populaire », pour faire avancer notre projet écologique au sein du parti socialiste. Nous voulons construire un nouveau modèle économique, une nouvelle société, une démocratie ouverte aux citoyens. Si aujourd’hui je suis ici, comme beaucoup d’écologistes, c’est pour engager une démarche de refondation avec vous. Car pour l’instant, dans le cadre actuel du fonctionnement du PS, que nous ne sommes pas prêts de rejoindre, il est difficile pour les progressistes et les écologistes de pouvoir faire avancer nos idées, alors que l’écologie, je vous le rappelle, concerne l’avenir de nos enfants. C’est cette refondation qu’il nous construire.

Je crois qu’aujourd’hui, la situation a peut-être un peu changé, à la condition que le parti socialiste prenne le chemin d’une démarche d’ouverture pour engager la construction d’une nouvelle organisation politique de gauche et de l’écologie. Si cette démarche s’engage, peut-être «demain », mais d’ici 6 mois ou un an, il y aura peut-être la possibilité que d’autres sensibilités nous rejoignent  et viennent participer à la construction de cette nouvelle organisation de gauche. Il est absolument nécessaire que votre parti devienne un laboratoire d’idées, d’idées sur la démocratie, la nouvelle économie, sur l’entreprise, les rapports sociaux, le dialogue social. Je vais vous donner quelques exemples. Dans beaucoup de villes aux dernières élections municipales, cette démarche a commencé. Des listes citoyennes qui s’étaient constituées pour les élections de mars 2014, exprimant un autre regard, une autre vision sur la vie citoyenne, sur la vie locale et sur la vie régionale, ont été élues. Et ainsi, dans la Drôme, dans une petite ville qui s’appelle Sarlat, une liste citoyenne a été élue proposant un autre modèle de reconstruction démocratique où une assemblée de citoyens décide de l’avenir de la ville et où le maire se met en retrait. Donc de formes nouvelles démocratiques naissent dont il faudrait s’inspirer.

Je vous rappelle qu’à la fin des années 60, un homme Hubert Dubedout avait lancé à Grenoble, une démarche citoyenne locale avec les Groupes d’action municipale qui a permis le renouvellement des idées socialistes. Aujourd’hui il faut s’inspirer de cette démarche et construire un autre modèle démocratique. Les événements qui se sont passés, comme Nuit debout, les collectifs en Guyane, montrent bien que les citoyens veulent participer à la co-élaboration des décisions. Tout à l’heure, beaucoup d’intervenants, adhérents du parti socialiste, ont parlé de co-élaboration de la loi. Effectivement c’est très important. Un de mes amis, Président de l’assemblée nationale, François de Rugy a lancé une série de réformes lors de son discours d’investiture. Il a lui aussi parlé de co-élaboration de la loi. Il est évident qu’aujourd’hui on ne peut pas laisser uniquement aux élus le droit de construire la loi. Il faut aussi que les citoyens s’y investissent. On peut rêver à une nouvelle démocratie, où les citoyens seraient partie prenante dans la gestion de la collectivité, permettant un autre mode de fonctionnement, un peu comme à Paris,  avec  le budget participatif, où la majorité municipale a commencé à faire un bout du chemin vers cet autre modèle. Ce nouveau modèle doit se construire à tous les niveaux du cadre institutionnel, à l’assemblée nationale et au sénat, dans les régions, dans les départements et dans les communes. Tout cela doit être réfléchi dans le cadre d’une refondation politique de la gauche et de l’écologie pour proposer la nouvelle offre politique du 21eme siècle.

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Laure Lahaye

Alors puisqu’on parle aussi de qui est au parti socialiste ou pas, j’avoue que j’ai toujours milité auprès du parti socialiste, auprès de ses élus. Depuis que j’ai eu la nationalité, j’ai voté socialiste. Il y a peut-être une fois où j’ai voté Jacques Chirac par obligation, et puis cette année. Mais je suis toujours socialiste, et cela même avant d’arriver en France, parce-qu’avant j’étais au Liban. J’ai vécu 10 ans de guerre, et j’étais là-bas aussi, socialiste. Malheureusement, ces dernières années, c’était un peu la déception. Je n’ai jamais pris ma carte au parti socialiste, mais j’ai toujours été là. À chaque fois qu’il y avait besoin de monde.

Le problème c’est qu’il y a eu tellement de déceptions depuis quelques années, parce-que quand on voit qu’on vote pour un programme, on vote pour un candidat qui nous dit « voilà mon programme » , mais il fait tout à fait le contraire. Donc là, on comprend la déception des citoyens qui désertent les bureau de vote. Moi j’ai participé à la campagne ces derniers mois. J’ai mis des prospectus dans les boites aux lettres, j’ai distribué des tracs avec mes camarades du 12eme, là où j’habite. On a aussi été sur les marchés, on a été à la rencontre des habitants, faire du porte à porte etc… et à chaque fois c’était très dur, parce-que pour les autres élections on n’a pas eu les mêmes problèmes pour convaincre. Il suffisait parfois de parler deux minutes avec une voisine, avec une habitante ou un habitant, pour les convaincre, et cette fois ci, c’était très dur. Les gens étaient tellement déçu, et c’est là où il faut travailler. L’engagement citoyen. On ne peut pas demander aux citoyens de s’engager, si nous, on ne respecte pas notre engagement. Si un élu dit « je vais faire ça » et qu’il fait tout à fait le contraire, les gens vont déserter les bureaux de vote parce-qu’il ne sont plus convaincus. C’est malheureux. C’est très malheureux.

Quand par exemple on dit « on va faire tel projet » pour un élu municipal, on a eu dans le 12eme le grand projet Bercy-Charenton. Et ça traîne. Et ça traîne et ça traîne. Et on nous dit « on va faire des ateliers pour travailler », et après les ateliers « on va faire ça », et là de nouveau ils nous sortent qu’il y a encore une période de concertation, alors que ça fait longtemps que les gens attendent, par exemple, l’ouverture d’une rue pour accéder au tramway. Et donc c’est quand même beaucoup. Est-ce qu’il y a une possibilité de réduire les délais de concertation ? Donc je comprends tout a fait que beaucoup soient partis.

J’ai pris ma carte au PS cette année, alors que ça fait longtemps que je suis là mais je ne l’avais jamais prise. J’ai été convaincue justement par les propositions de Benoît Hamon. Benoît Hamon m’a convaincu, il m’a poussé vraiment sans qu’il s’en rende compte, parce-qu’on ne se connaît pas. Je ne le connais pas, il ne me connais pas. Peut-être sur les réseaux sociaux, je ne sais pas. Mais j’ai été convaincue par ses propositions. Et je vois qu’il continue à se battre pour ses propositions, parce-que malheureusement au sein de notre parti, maintenant je peux dire « mon parti » car je suis adhérente actuellement, beaucoup n’ont pas été à la hauteur de ce qui s’est passé. Quand on signe un engagement comme quoi « oui je soutiens le candidat de la primaire » et que après, malheureusement on tourne le dos et qu’on va dire « non je soutiens untel parce-que j’ai peur d’untel », alors qu’on est seulement au premier tour des présidentielles. Ça c’était très choquant.

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Aleksander Glogowski, permanent

Vous me connaissez toutes et tous en qualité de permanent fédéral, mais par ailleurs vous connaissez aussi mes solides convictions fédéralistes, puisque généralement c’est toujours en manif, dans le cortège de la Fédération, que vous retrouvez le drapeau européen que je porte. C’est justement sous cet angle là que je voulais placer mon intervention. À savoir, qu’à coté du regard rétrospectif, critique ou positif sur les campagnes électorales de 2017, il y a à chaque fois le trait de caractère distinctif des socialistes : c’est que face à une situation donnée, nous allons chercher le point qu’on pourrait améliorer parce-que ça permet, en réalité, à la société toute entière d’avancer. Pour nous, il ne s’agit pas d’en faire un frein mais un facteur d’amélioration. Et dans l’affaire, nous ne faisons pas simplement que regarder ce qu’il est possible de faire au national, mais d’aller chercher des éléments positifs à l’extérieur de nos frontières. A ce propos, on l’a vu dans la campagne présidentielle, nos concitoyens sont réceptifs à un discours positif sur plus d’intégration au niveau européen, et c’est un combat sur lequel —évidemment avec le regard critique que peuvent porter les éléments les plus à gauche de notre société— il y a un terrain, une écoute, pour développer plus avant nos convictions pro-européennes. Car l’œuvre d’unification du continent est bien sûr engagé depuis maintenant plus de 60 ans, mais il est très incomplet. Que ce soit dans le domaine social, que ce soit dans le domaine de la sécurité collective, que ce soit en matière diplomatique, que ce soit dans pleins de champs, il reste encore à pleinement prendre la dimension continentale, et porter nos politiques au niveau continental.

Ensuite, quand on est déprimé il faut se fixer des objectifs, des objectifs atteignables. C’est pourquoi on va commencer par de petites choses. Comme ça, lorsqu’elles seront réussies, on sera content. Donc, il y a le travail de psychothérapie collective que nous devons mener. Et puis il y a des combats qui ne sont pas très loin, qui sont accessibles. Je pense aux législatives en Allemagne à l’automne 2017. On peut s’en emparer. Et puis, on peut aussi se fixer des objectifs de moyen terme telles que les élections européennes de 2019, sans attendre les municipales. Car, avant les municipales et bien avant les législatives et les présidentielles de 2022, il y aura plein d’autres élections dans les Etats membres de l’Union européenne, des rendez vous électoraux où nous, en tant que socialistes, nous avons un rôle à jouer. Parce-que c’est dans notre trait de caractère, parce-que nous sommes internationalistes et fédéralistes et que nous avons le souhait, l’envie de faire vivre cette dimension européenne là, dans les arrondissements, partout où nous sommes présents. Que ce soit en faisant le déplacement —et, il y aura des déplacements— ou que ce soit au niveau parisien, dans nos arrondissements pour les législatives dans un autre pays de l’Union, on a le terrain et l’envie. Bref, en étant ouverts à l’égard de nos concitoyens, en leur disant « regardez ce que nous faisons », pas ce que nous disons, mais bien ce que nous faisons, c’est une retranscription de nos valeurs. On peut, je le pense sincèrement, retrouver la confiance de nos électrices et de nos électeurs.

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Serge Orru

Bonjour à vous. C’est maintenant la séquence « Dès Demain ». Dès demain est un mouvement dont Anne Hidalgo va évoquer sa création et son action. Dès demain c’est une vallée où des hommes et des femmes entreprennent dans le domaine social, culturel, économique, interviennent avec des valeurs, celles de la solidarité, celle de l’éthique, celle de la liberté, de l’égalité, la fraternité. Alors, Dès Demain ça sera des moments où il y aura des rencontres, où des entrepreneurs comme je vous l’indiquais tout à l’heure, interviennent. Interviennent d’une manière courte, brève, de façon à donner le goût à l’action, à l’action utile, à l’action pour soi et pour les autres. Alors il y a Olivier Blond, président de l’association Respire, Guillaume et Floriane Haddad, qui ont inventé la plateforme MyTroc et puis Stéphane Cachelin le créateur du Chapotelet qui est une manière nouvelle de végétaliser la ville, et on attend Catherine Bertier qui devrait nous rejoindre. Olivier Blond, président de l’association « Respire » en 4 min.

Olivier Blond, Respire

Je suis flatté d’être présenté comme un entrepreneur. Je fais des choses, mais je suis dans le monde associatif comme vous avez compris. Respire, c’est l’association nationale de lutte contre la pollution de l’air. Vous comprenez assez vite de quoi il s’agit. C’est une association qui est née autour d’une bande de copains qui faisaient du vélo et qui en avaient marre de respirer la pollution des camions et des voitures devant eux. Mais très vite, alors qu’on était plutôt des écolos à la base, on s’est rendu compte que la pollution de l’air c’était bien plus que ça, bien plus qu’une question d’environnement. C’est une question de santé publique. Vous savez sans doute que chaque année il y a en France 48000 personnes qui meurent à cause de la pollution de l’air, donc le sujet est au-delà d’une question de l’environnement, c’est une question de santé publique. On est face à une crise majeure et il serait bien que, non seulement les associations comme nous, mais l’ensemble des corps de l’état se bougent pour changer cette situation.

Alors juste pour vous donner quelques idées, 48000 morts, on est pas tous égaux devant la pollution de l’air. D’abord, les personnes âgées et les enfants sont vulnérables à cette pollution. Je voudrai vous raconter une chose. J’avais fais une petite présentation dans une école à Pantin. Un collège. On était devant le périph, puisqu’à cet endroit le périph est surélevé. Évidemment c’est Pantin, donc les gens habitent dans les barres autour du périph. Les enfants vont faire du sport, sur le terrain de sport qui est autour du périph, et quand j’ai commencé à leur parler des maladies que pouvait causer la pollution, et notamment de l’asthme, j’ai eu un quart de la classe qui a levé la main en disant « moi je suis asthmatique ». C’est deux fois plus que la moyenne en France. D’abord ça m’a énormément choqué. Ça a déterminé beaucoup de chose dans les actions futures de Respire, mais aussi ça a dit quelque chose de très très très très fort, c’est que la pollution de l’air n’est pas du tout une question de bobo comme certain veulent le faire croire. C’est avant tout une question sociale, parce-qu’évidemment les personnes les plus sensibles à la pollution, les plus vulnérables, et bien comme toujours c’est celles qui sont les plus fragiles économiquement et socialement. Et en fait c’est pas spécialement à Paris, c’est aussi de l’autre coté du périph dans tout le 93, Bobigny, la Courneuve, Aubervilliers. Tous ces gens là souffrent d’un problème de pollution et d’un problème social. Donc renversons le discours sur la pollution de l’air. Ce n’est pas du tout une question de bobo.

Pour aller vite, on est face à un problème : globalement l‘état ne fait rien. Nous en tant qu’association, on a encouragé une action en justice contre l’état, parce-que justement il faut le bouger. En fait on est dans une logique, d’une certaine manière, de visibilité. On essaie de crier très très très fort pour rendre visible la pollution, parce-qu’elle nous touche tous les jours mais elle est invisible, pour rendre visible les victimes. Il y en a 48000 qui meurent chaque année, mais il y a des millions de personnes qui sont victimes dans leur corps. Et en fait d’ailleurs vous, ici, vous êtes tous des victimes, derrière aussi, de la pollution de l’air. En moyenne, à Paris, la pollution de l’air coûte 2 ans d’espérance de vie à chaque personne. Ce qui est complètement énorme et personne ne réagit, à part la mairie de Paris, dont je salue évidemment le dynamisme sur cette question. Ce qui est paradoxal, c’est que justement les municipalités, les collectivités sont à l’avant garde de ce combat, et l’état pour l’instant traîne, alors j’espère que Nicolas Hulot fera quelque chose.

On fait plein de choses, mais effectivement notre objectif c’est un objectif de santé publique. On veut sauver des vies. C’est tout con. C’est pas forcément sauter dans la seine pour aller attraper quelqu’un qui est tombé dedans. Sauver des vies ça peut être aussi gueuler, faire des campagnes sur internet, faire des manifs, faire des pétitions, faire des procès. Essayer de bouger un peu tout ça parce-qu il y a une inaction coupable sur le thème de la pollution de l’air, et nous, bah voilà, on essaye de sauver des vies en faisant tout ce qu’on peut pour ça. Et je finis pour dire un peu comment est-ce qu’on le fait. Vous le savez, on a soutenu par exemple des actions de la mairie sur la piétonisation des berges, on fait des capteurs citoyens, on fait des manifs, on fait de la sensibilisation etc, et il n y a pas si longtemps que ça, on était allé à Caton. Alors à Caton c’est des réunions où il y a plein de jeunes geeks qui essayent d’inventer des nouveaux dispositifs dans cet univers. On a essayé d’inventer une nouvelle application smartphone gratuite d’empowerment citoyen sur la pollution de l’air. J’espère que j’aurai l’occasion de vous en parler quand elle sera disponible. Mais bon, c’était un samedi soir, il était 22h, on était une bande de potes, et on s’est dit « ah bon ben… il y en a d’autres qui regardent le match de football, nous on est entrain d’essayer d’inventer un monde nouveau, eh ben c’est cool ». Voilà. Merci .

Floriane Haddad, My Troc

MyTroc c’est une plateforme internet pour faire du troc de biens et de services pour les particuliers et les associations. Il y a aussi du prêt de matériel. Donc tout le monde peut troquer. En fait on est parti du principe qu’on a tous quelque chose dont on a plus besoin et qui peut servir à quelqu’un d’autre. On n’a pas tous besoin d’avoir une perceuse, un escabeau à la maison, on peut très bien emprunter celui du voisin, et qu’on a tous un savoir faire pour rendre service à quelqu’un. Aujourd’hui, on peut s’échanger des biens, des services, directement contre un autre bien, un service ou se servir de la « noisette ». La noisette c’est la monnaie collaborative de la plateforme, qui facilite les échanges. Aujourd’hui on fait parti des 1% des sites français les plus visités. Il y a 20000 utilisateurs partout en France et 5000 sur la région Parisienne. Il y a plus de 16000 annonces en ligne. On y trouve aussi bien du prêt de matériel, que quelqu’un pour garder son chat, que de la confiture bio faite maison, que de l’aide en bricolage, en couture etc. On est cité par l’ ADEME comme « outil de transition écologique », on est en première page de Google avec le mot « troc », et puis j’ai même fait des discours à l’ONU sur le développement durable. Donc voila, on répond à un besoin, et aujourd’hui je pense que c’est vraiment un système alternatif, économique, à valeur ajoutée écologique et sociale.

Guillaume, My Troc

Juste un mot pour souligner l’importance de l’échange, de l’échange de service. Je ne sais pas si vous connaissez vos voisins de palier, ou si vous en connaissez beaucoup, mais en général, quand on se met à connaître, à rencontrer ses voisins, c’est d’abord parce-qu’on a soit rendu un service, soit demandé un service. Et c’est par le biais des services que MyTroc participe a recréer du lien. On parlait de ville inclusive, de résilience. C’est extrêmement important, et les retours qu’il y a aujourd’hui sont très forts parce-que les personnes se rencontrent, se revoient, sortent de l’isolement, mènent des actions de solidarité aussi. Ça c’est un truc qui est assez important chez MyTroc, c’est-à-dire qu’on peut échanger des choses, mais on peut aussi les donner contre les noisettes, qu’on va après donner à des associations. Voilà. Et MyTroc, la communauté des 20000 utilisateurs, c’est surtout ça, c’est surtout créer du lien, avoir une notion inclusive notamment avec les personnes les plus isolées, et puis faire ensemble. Et ça, ça donne beaucoup de bonheur. On est très heureux d’avoir beaucoup beaucoup de retours positifs. Merci beaucoup.

Stéphane Cachelin, Chapotelet

Madame le maire, vous avez fait rêver quand vous êtes arrivée à la mairie en proposant de végétaliser cette belle capitale qu’est Paris, et vous nous faites rêver encore bien sûr.

Et donc dans mon impasse où il y avait une multitude de voiture ventouses sans potelet, a été installé ce fameux potelé Parisien qu’on retrouve à 80 % sous cette forme là. Je me dis qu’il a une certaine utilité pour protéger le piéton et pour empêcher le stationnement.

En fait l’idée est venue suite au fait que dans cette impasse, des potelets ont été mis et j’ai planché. C’était une action écocitoyenne avec plusieurs personnes. J’ai apporté l’idée, on s’est mis à réfléchir. « Comment végétaliser ce potelet ? », c’est-à-dire comment créer de la végétalisation sur du mobilier urbain existant. Arrêtons le terrassement, de tout casser de tout refaire, il y a des choses qui sont en place, il suffit de leur donner une autre utilité, et j’ai réussi à trouver un système de fixation inviolable. Il n’y a aucune possibilité d’enlever ce système sauf si on a la clef spécifique pour le faire. Je l’ai déjà testé depuis mi-avril dans différentes rues, notamment dans le 18eme, où pour l’instant aucune dégradation n’a été constatée. On trouve une quiétude, les rues sont plus propre parce-que les gens respectent. Il faut que les fleurs soient entretenues, ça c’est un fait, et ça amène aussi un vecteur économique. On s’est installé à coté de commerces, parce-que les rues sont plus agréables. Il y a moins d’incivilités. Cette chose que j’ai présentée au concours l’épine en 2016, m’a valu la médaille d’or dans la catégorie « nature et art de vivre », et aussi la médaille de la ville de Paris. Donc on est en pleine expansion, puisque je suis en ce moment entrain de négocier avec une jeune startup Parisienne pour pouvoir connecter cet objet, qui sera une borne d’informations. Nous nous étions rencontré à bivathèque et c’est un projet qui est en pleine expansion, qui est approuvé par les Parisiennes et les Parisiens. J’ai fait aussi des essais dans les écoles pendant les vacances de pâques. Les enfants de 6 ans, à partir de 6 ans, garçon ou fille, sont des mécanos. Il y a un manchon et une corbeille. On peut varier les couleurs, donc c’est très éducatif, c’est ludique, c’est évolutif, c’est intergénérationnel et en fait je ne vois pas de critique sur ce projet jusqu’à maintenant (rires). Donc voilà. Il y a 500 000 potelets à Paris. Il y en a à peu près partout et 80 % c’est ce modèle là. Mais mon invention se fixe aussi sur les autres modèles. Le modèle élyséen, le modèle, cylindrique, conique. Donc on s’adapte à tout ce qu’ils font. Vous voyez ça change un peu l’aspect. Imaginez dans la ville à coté de chez vous, dans la rue que vous fréquentez, là où vous allez faire vos courses, là où vous vous rendez au travail. S il y a des fleurs, vous verrez que ça change tout. Merci.


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Anne HIDALGO, maire de Paris

Merci beaucoup Eric et puis merci bien-sûr à Rémi, Emmanuel, à tous les élus, les camarades socialistes qui ont aussi créé cet évènement. C’est un évènement qui est important et qui s’inscrit complètement dans cette philosophie, ces valeurs qu’on porte, mais aussi l’action qui est la nôtre, en tant qu’élu et ceux qui accompagnent ce travail, que nous faisons avec tous les élus, tous les maires d’arrondissement à Paris. Je veux remercier bien sûr Serge, qui a toujours plein d’idées, qui est un agitateur d’idées, et qui nous aide à nous ouvrir et à progresser, et dire donc aux quatre porteurs de belles propositions, de projets d’innovations, qui ont parlé avant moi, que c’est à partir d’eux aussi qu’on veut poursuivre l’inspiration pour notre ville, et ces potelets, j’en veux partout. Vraiment partout, partout dans Paris, parce-que je pense que c’est aussi une façon de dire ce qu’est cet espace publique, ce que sont les rues, à qui elles appartiennent. Quand on met des fleurs, quand on met des plantes, quand on met la nature à cet endroit là, ça veut dire que ça appartient aussi aux humains, à des gens qui ont des rythmes de vie qui apprécient leur environnement, qui ne sont pas simplement de passage dans cet environnement, qu’ils ne regardent pas simplement de l’extérieur mais qu’ils en font vraiment parti. Et puis je veux dire aussi à Olivier qui est là, qu’il nous a beaucoup aidé et qu’il continue à nous aider dans notre combat pour faire que Paris soit une ville respirable. C’est très important. Ça fait parti de notre culture. Il y a ici un mélange de femme et d’hommes qui ont un engagement politique, qui ont choisi un parti politique, aujourd’hui à la peine, mais ce n’est pas quand ça va mal qu’on laisse tomber les choses, c’est là qu’au contraire on se dit que peut-être, d’une crise aussi profonde que celle que nous traversons il y aura moyen de rebondir, d’inventer. Il faut prendre le temps. Il ne faut pas être dans une urgence. Il faut qu’on prenne le temps, d’abord de comprendre ce qui nous arrive, et en même temps, de nous projeter vers un avenir dans lequel nous savons au fond de nous que les valeurs, celles qui sont parfois portées par un parti comme le parti socialiste, les actions et les valeurs qui sont aussi portées par la société civile, sont là, sont présentes, et elles ont vocation à se conjuguer. Et nous, on est a un bon endroit pour voir comment ça peut effectivement fonctionner, et comment ça peut être utile à nos concitoyens. Le bon endroit, c’est vrai, c’est cet endroit de municipalité. Et je vais revenir dans un instant à Dès Demain parce-que tout ça est très lié.

Une municipalité, c’est un endroit où à la fois il y a des responsables politiques, de fait, les élus sont des responsables politiques, mais une municipalité travaille pour des femmes et des hommes, pour des enfants, pour un environnement, pour faire fonctionner une communauté humaine dans un espace donné, pour faire en sorte que ça fonctionne du mieux possible, que les fonctions essentielles que l’on doit remplir, quand on est une municipalité, soient assumées, mais en même temps, qu’on entraîne tout le monde vers le sentiment qu’ils appartiennent effectivement à une société, à une communauté qui est complexe, qui est hétéroclite, qui est hétérogène, mais qui a vocation à vivre du mieux possible ensemble. Et cette municipalité, cette ville de Paris dans laquelle nous vivons et nous évoluons, est assez formidable, parce-que de tout temps elle a été un endroit où les gens sont venus chercher de l’inspiration. Paris, c’est une ville où les gens sont venus pour parfois chercher à s’abriter, se protéger, les réfugiés en sont l’expression la plus forte, mais est une ville qui a toujours conjugué toutes les influences, et qui a toujours bien vécu de toutes ces différences là, et qui puise sa force dans ces différences là. C’est ça qui nous unis. Cette ville nous inspire, nous dépasse. Elle nous habite. On l’habite mais elle nous habite aussi. Et du coup c’est un très bon endroit pour observer ce qui se passe, et en même temps quand on est là pour observer, et en plus pour agir, on est à un bon endroit pour comprendre les évolutions du monde.

Paris c’est aussi, je le dis souvent, une ville-monde. C’est-à-dire que les grandes villes-monde comme Paris, sont la première ligne de front sur la mondialisation, vraiment. La première ligne de front. C’est là que tous les phénomènes qui s’inventent, qui sont entrain de se développer partout sur la planète, arrivent en premier. Des phénomènes, d’ailleurs, positifs. Je pense à la révolution numérique. Le numérique. Paris. Ça fait plus de 10 ans qu’on a compris ce qui était entrain de se passer, qu’on a compris que notre destin n’était  pas d’être une ville-musée. Qu’on préserve la beauté de notre patrimoine comme on l’a fait ici, mais en même temps il faut qu’on soit une ville d’innovations, et qu’on soit pleinement dans cette révolution numérique qui va nous apporter une façon de vivre différente, une façon de consommer différente, une façon de travailler, de se déplacer, différente. Et on a tout intérêt, a non-seulement accepter d’être l’endroit où beaucoup de créateurs, d’inventeurs de cette nouvelle économie ont décidé de venir, mais en même temps, de faire en sorte qu’ils soient inclus à notre société, à notre grand écosystème, pour qu’ils apportent le meilleur et que ce meilleur puisse servir aussi à d’autres qui vont moins bien et qui ne sont pas ceux qui portent cette révolution numérique comme un des bienfaits de la mondialisation.

Il y a d’autres sujets qui nous arrivent comme ça. Quand la question de la pollution, la question du climat est arrivée, c’est d’abord dans les grandes villes, les grandes villes-monde comme Paris, qu’elles se posent. Nous émettons 70 % des gaz à effet de serre qui sont émis sur la planète dans les grandes villes. Donc nous sommes à la fois les auteurs d’une pollution qui est entrain de tuer la planète, et en même temps parce-que nous avons pris conscience de ce phénomène, de ce défi planétaire sur lequel nous devons agir, nous avons décidé de poser des actes, et nos actes sont précurseurs. Nous sommes aujourd’hui vraiment, en avance. Tout le monde regarde ce qu’on est entrain de faire, ce qu’on est entrain de faire ici à Paris. On a pris ce qu’on appelle un leadership mondial sur cette question du climat. Pas simplement parce-qu’un beau jour on se serait réveillé en disant « bah tiens Paris mérite d’avoir le leadership sur le sujet ». Non, ce sont nos action, nos décisions, qui font qu’aujourd’hui nous sommes reconnus comme ayant ce leadership.

Je ne vais pas prendre tous les grands défis planétaires, mais tout ça pour dire que nous sommes la première ligne de front sur la mondialisation, et que du coup, ça nous donne une capacité à comprendre, parfois avant, ce qui se passe ailleurs dans le pays, et aussi une capacité à agir. Ce qui fait la force d’une municipalité, c’est cette possibilité que nous avons d’être à la fois visionnaire, c’est-à-dire de voir ce qui est entrain de se passer à l’échelle de la planète, et de pouvoir comprendre, anticiper, mais surtout d’agir et d’avoir une action en lien avec cette vision. Et bien sûr une vision est raccrochée aussi à des valeurs, les valeurs qui sont les nôtres. Pour ma part je reste et serai toujours profondément sociale-démocrate-écologiste-européenne et féministe. Ça me définit. Et je sais que c’est dans cet ensemble là que je vais chercher les valeurs qui m’inspirent quand il faut décider. Et quand il faut aussi décider du rythme de nos actions, je pense notamment à la question de la qualité de l’air. Quand on est confronté à une situation aussi dramatique que celle que nous connaissons dans nos grandes villes (à Paris c’est le cas parce-que la pollution de l’air tue), que nous savons aujourd’hui qu’elle fait des morts (2500 morts prématurés par an à Paris liés à la pollution de l’air) et bien quand on sait cela, on doit agir. Et on a agit c’est vrai qu’on l’a fait, sans brutalité. On a fait des conférences de citoyens qui nous ont donnés les éléments pour agir. C’est sur la base d’une conférence de citoyens que nous avons pris toutes les mesures qu’ensuite nous avons votées dans les conseils d’arrondissement et aux conseils de Paris sur la qualité de l’air.

Mais par exemple, sur ces sujets là, le demi plongeon n’existe pas. C’est comme quand vous êtes face a une piscine. Soit vous plongez, soit vous ne plongez pas. Nous avons choisi de plonger. Bien sûr, ça entraîne des bouleversements dans nos modes de vie, on en a bien conscience, mais en même temps il y a une telle urgence qu’on ne peut plus reculer, ou même retarder la décision, ou faire des décisions qui soient des demi-mesures qui ne permettent pas de régler le problème quand on arrive au niveau d’urgence qui est celui-ci.

Donc nous sommes à cet endroit là, citoyens de Paris, attirés par cette ville, habités par cette ville autant qu’on l‘habite, et nous sommes aussi face à des responsabilités. Dans le monde qui nous entoure, dans les bouleversements, dans ce qu’on a connu, dans ces dernières élections qu’elles soient présidentielles ou législatives, il y a bien sûr beaucoup d’éléments qui déstabilisent un certain nombre de repères qui sont les nôtres. J’ai l’habitude de dire à mes amis, n’ayant jamais connu véritablement de zone de confort, que je ne me sens pas vraiment inconfortable dans l’inconfort. Et c’est plutôt dans ces zones-là que je me dis que finalement il va falloir être hyper créatif, hyper inventif, avoir encore plus d’antennes ouvertes pour comprendre et agir. Agir et porter nos valeurs et nos actions de la façon la plus positive qui soit. Je suis profondément optimiste, vous le savez, je l’ai toujours été, et je suis plutôt contente qu’aujourd’hui, finalement, la France rejoigne l’optimisme de Paris puisqu’elle était un peu plus pessimiste que ne l’était Paris.

Aujourd’hui voilà, il y a l’idée qu on peut forger ensemble, que demain ne sera pas pire qu’hier. Au nom de quoi demain devrait-il être pire qu’hier ? Si on décide tous de faire que demain soit meilleur qu’hier, il n’y a pas de raison pour qu’on n’y arrive pas. Dans tous les cas, à Paris on est plutôt entrain de montrer cela depuis déjà des années, donc on va continuer comme ça. Et je pense que dans ce qui nous attend, dans ce que nous avons a construire, il y a toujours ce rapport au citoyen, à la citoyenneté. Ce rapport à la démocratie. Ce rapport à la parole publique, à l’engagement publique. Ce rapport à l’engagement citoyen. Tout cela est devant nous dans une ville qui a l’habitude de malaxer ces énergies et ces engagements, qu’ils soient citoyens, politiques, entreprenarios. On est dans une ville qui a déjà l’habitude de ça, c’est déjà notre univers, c’est déjà notre monde à nous. Pourquoi arrivez-vous ici à faire une rencontre initiée par des responsables socialistes Parisiens et avec les associations Parisiennes ? Parce qu’on travaille déjà ensemble, de façon collaborative, coproductive. Nous produisons ensemble les politiques publiques que nous mettons en œuvre. Et bien sûr, le politique a sa responsabilité. C’est à lui de répondre devant les citoyens. Aujourd’hui il n’y a plus à Paris aucune politique qui ne soit pas discutée, dessinée, travaillée avec les citoyens. Qu’ils soient en collectifs, ou que ce soit des citoyens qui, a un moment donné, vont prendre la parole ou vont décider le budget participatif. Ce n’est pas de l’anecdote. 500 millions d’euros sur une mandature, décidés directement par les citoyens de Paris, des projets sur lesquels ensuite l’administration Parisienne travaille. Tout n’est pas anecdotique. Nous travaillons déjà de cette façon là.

Donc ce nouveau monde dont certains nous disent qu’il est si déstabilisant, en fait, ça fait déjà un moment qu’on est dedans et que nous le vivons plutôt avec optimisme, parce-que cette ville de Paris, ce territoire qui d’ailleurs est ouvert et généreux avec les territoires autour de nous, le grand Paris, nous importe. On travaille ensemble, on a envie que la Seine-Saint-Denis puisse accélérer son évolution. C’est pour ça que pour les Jeux Olympiques, j’ai souhaité que leur principal impact soit en Seine-Saint-Denis. On travaille dans un environnement plus large. Depuis déjà plusieurs années, ici à Paris, nous avons pris l’habitude de ce qu on appelle aujourd’hui l’économie collaborative. La société qui collabore pour prendre des décision publiques et les accompagner. Les initiatives de citoyens. Imaginez 15 ans en arrière. Est-ce qu’on aurait pu se dire « bah tiens ces potelets ça peut voir le jour ». On aurait fait des potelets éphémères qu’on aurait placés comme une œuvre d’art pendant quelques jours, et après on nous aurait sommé de les enlever. Aujourd’hui bien évidemment c’est une solution incroyable à l’amélioration du cadre de vie des Parisiens. Elle ne vient pas de l’administration Parisienne ou des élus, elle vient de citoyens qui à un moment donné se sont dit « bah tiens si on réinventait ce truc là », et qui nous offrent ça. Eh bien je suis preneuse de cette proposition là. Aujourd’hui, la ville fonctionne déjà. Ce que nous faisons, cet organisme vivant que nous composons, chacun d’entre nous, fonctionne déjà de cette façon là. Donc mon sentiment, c’est que dans ces instabilités, dans ces bouleversements, dans ces remises en question, il y a quelque chose qu’on a déjà commencé à inventer depuis longtemps. Il n’y a pas de raison pour qu’on n’ait pas confiance en nous. En tous les cas, moi, j’ai confiance en nous et en notre capacité à montrer toujours que nous sommes à l’avant-garde. À l’avant-garde d’une vision sur l’écologie. À l’avant-garde d’une vision sur la démocratie, sur la participation citoyenne, sur la collaboration, sur la coproduction avec les citoyens, et à l’avant-garde aussi d’un sujet, je vais conclure par ça, qui est le sujet de la solidarité et de l’égalité.

Dans le monde qui vient, qu’on est entrain nous-même de créer et qui ne nous est pas imposé de l’extérieur, on est nous-même des acteurs. Il y a un sujet majeur qu’il ne faut pas oublier. Paris est une ville dans laquelle il y a les gagnants de la mondialisation, et il faut qu’ils soient là, et j’en veux encore plus, parce-que plus il y a de gagnants plus on a des chances de gagner tous ensemble. Mais en même temps, ce n’est pas parce-qu’il y a des gagnants que tout le monde gagne. Il n’y

a pas d’automaticité, ça se saurait. La question des inégalités serait déjà réglée depuis longtemps si c’était aussi simple. Donc il faut, pour ce que l’on gagne avec les gagnants, pour que cela puisse être partagé par le plus grand nombre, il faut des politiques, il faut des politiques publiques, il faut des régulations, il faut mettre tous les petits crans qui tirent le plus grand nombre de gens vers la réussite. Et la réussite elle n’est pas identique pour chacun, mais dans tous les cas, plus on est nombreux à avancer ensemble sans laisser sur le bord du chemin celles et ceux qui ne seraient pas les gagnants de la mondialisation, mieux on s’en sortira ensemble. Et là, c’est là qu’on intervient.  C’est là qu’on a une valeur ajoutée. Quelque chose qui n’existe pas spontanément et naturellement ailleurs. Je vais bientôt conclure avant qu il ne se mette à pleuvoir des cordes. Mais la pluie annonce l’abondance, donc vous voyez comme les signes du ciel sont avec nous. Je pense que sur les politiques d’égalité, de solidarité, ce que nous faisons à Paris, grande ville-monde qui pourrait très bien ne s’intéresser qu’aux gagnants et se dire « bah ça nous suffit, ça nous fait rayonner dans le monde », mais grande ville-monde dans laquelle les citoyens et les élus aujourd’hui en responsabilité veulent qu’il y ait de la solidarité. Nous voulons raccrocher tout le monde, des plus démunis, de ceux qui viennent chercher refuge, aux classes moyennes qui sont là et qui s’accrochent à Paris parce-qu’elles pensent, et elles ont raison, que Paris est la ville où leurs enfants ont les opportunités d’avenir, en matière d’éducation, en matière culturelle, en matière d’ouverture au monde.

Il faut que les réussites de ceux qui nous permettent d’être à l’avant-garde, notamment sur l’économie et l’innovation, soient le plus partagées possible. C’est ça le projet politique au sens noble du terme, que nous devons poursuivre, réinterroger et accélérer. C’est ça aussi qu’une structure permettant de mieux travailler, à travers la société civile et les responsables politiques, peut apporter, c’est la vocation de Dès Demain. Que chacun garde sa force, son identité, sa créativité, et en même temps il faut être vraiment dans la coproduction de ce monde qui vient, où la question de l‘égalité est la question aujourd’hui centrale. Je vous remercie.

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Toufik Abdeli

Bonjour. Toufik Paris 12eme. J’ai des raisons d’espérer et de me joindre à ce mouvement. Bonjour madame la maire du 12eme, bonjour Emmanuel. Vous savez, les raisons qui m’ont amenées à me joindre à ce mouvement, c’est que je suis persuadé de la conviction qui anime les personnes qui ont initié ce mouvement. J’ai plusieurs raisons. J’en donnerai deux déjà. Les promesses qui ont été faites durant la campagne électorale, municipale je parle, aboutissent l’une après l’autre. J’en veux pour preuve la piétonisation des berges de Seine, où malgré le scepticisme de certains, qui l’ont même combattu envers la ténacité que nous connaissons de madame la maire, de ses adjoints et des membres qui l’ont accompagnés. Tout est entrain de se réaliser. J’ai beaucoup de satisfaction, puisque tous les soirs je vais à l’île Saint-Louis où il y a toujours du monde et encore plus de monde. Voir les enfants jouer. C’est absolument agréable. Je dis ça parce-que quand j’étais au conseil de quartier avec madame l’actuelle maire du 12eme, nous avons essayé de piétoniser la rue du rendez-vous. Olala… Oh mon dieu… Vous pouvez comprendre un peu le pourquoi et le comment, et surtout la satisfaction d’avoir vu cette réalisation des bords de berge. Et la deuxième raison qui m’amène à me joindre à ce mouvement, c’est que je suis un associatif. Je m’occupe des mineurs isolés étrangers, nouvellement appelés « mineurs nouvellement arrivés », de leur scolarisation bien qu’il y ait des difficultés pour la réception au niveau de la croix rouge. Je tiens à féliciter personnellement la maire de Paris pour avoir ouvert des centres d’accueil pour ces jeunes et pour les familles, pour les femmes isolées, ce qui justement a permis de soustraire tous ces jeunes et toutes ces femmes de la mafia qui règne dans les rues de Paris, une réalité qu’on ne peut occulter.

Donc beaucoup beaucoup beaucoup de bonnes volontés. Surtout, essayons de structurer ce mouvement, de façon à ce qu’il puisse être une alternative en 2022. Voilà. Merci beaucoup de m’avoir écouté.

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Jean-Paul Ameline

Je suis également un nouvel adhérent comme un des intervenants précédents. J’ai aussi adhéré au cours des élections 2017. J’ai été militant CFDT. J’ai été militant de la Ligue des Droits de l’Homme. Ce que je voudrai dire en tant que nouvel adhérent, c’est que la politique, je crois, n’est pas du tout évident pour la majorité de la population en France. Ça s’est vu aux élections, avec le nombre d’abstention considérable et le fait qu’il y a eu une non-participation des citoyens à la vie politique nationale. Je crois que la politique est jugée trop complexe par beaucoup de citoyens, trop affaire de personnalités particulières, trop affaire de professionnels, trop élitiste. On entend souvent « c’est pas pour nous ». Je crois qu’ils ont raison d’une certaine manière. Je crois que l’idée de changer le monde, qui était une idée qui vient de loin, n’est pas si évidente maintenant pour beaucoup de gens. Le monde a l’air de changer finalement indépendamment de la politique. En fait, par l’économie, par la démographie, par les climats, et on a du mal à voir la place de la politique dans cette évolution. Je crois que la politique est un peu contrainte à devenir modeste d’une certaine manière, c’est-à-dire à accepter de s’insérer dans ces changements qui sont très difficiles.

On parlait autrefois du principe « espérance » pour les mouvements ouvriers du 19eme siècle. Il est vrai que l’espérance est ce qui fait vivre théoriquement la politique, mais l’espérance n’existe pas beaucoup pour une grande partie de la population en France. On pense aux immigrés, on pense aux jeunes, on pense aux relégués des quartiers éloignés des centres, on pense aux régions etc… Je crois que la politique retrouvera ses sources si elle répond à ce besoin d’espérance. La politique est vue comme un carcan, les institutions sont vues comme des carcans, la professionnalisation de la politique est vue comme un carcan, la résistance des groupes sociaux est vue comme un carcan et la politique politicienne évidemment est vue comme peut-être le plus gros des carcans. Se résoudre à ça, c’est évidemment impossible pour nous qui avons été, ou qui sommes militants politiques, et ça veut dire effectivement accepter d’être plus concret, je pense, avec la population. Plus concret par des solutions concrètes. On a évoqué des choses. Plus concret aussi à travers des solutions fortes. On a vu des programmes qui comportaient 110 propositions. Qui est-ce qui peut retenir 110 propositions ? Quel citoyen, quel électeur peut retenir 110 propositions ? C’est impossible. C’est impossible sauf quand on est professionnel de la politique. Je vais terminer.

Je pense que le PS a peut-être un avenir, mais s’il fait la preuve qu’il peut apporter des solutions concrètes à ces questions-là. Des petites solutions, des grandes solutions, et surtout la preuve que ces solutions peuvent être efficaces.

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Anne Juhel-Orlac’h

Bonjour. Mon intervention porte sur « être socialiste = être féministe », qui est une valeur intrinsèque et fondatrice de gauche. La refondation socialiste plénière est plus que jamais nécessaire, surtout au regard de l’égalité militante primordiale et son corollaire obligé : la stricte parité à tous les étages de notre formation politique. Ce renouveau du parti socialiste ne doit pas se faire en trompe l’œil. Je rappelle que la pensée socialiste des origines au milieu du 19e siècle est née féministe, et théorisée comme telle, aussi bien par des hommes que des femmes remarquables, injustement cataloguées d’utopistes par leurs successeurs, plagieurs inavoués. Il s’agit là d’une donne fondamentale, bêtement masquée jusqu’à aujourd’hui par misogynie séculaire ou pas, et souffre en l’état encore maintenant de tas de faux sens et longs contre-sens dans toutes nos menées politiques et sociétales. Ainsi, le grand précurseur Charles Fourier, avait-il fait de la condition féminine la mesure même de la civilisation. Les progrès sociaux et les changements de périodes, s’opèrent en raison du progrès des femmes vers la liberté. L’extension des privilèges des femmes est le principe général de tous les progrès sociaux. Idée puissamment moderne, reprise 30 ans plus tard par la géniale pionnière toute catégorie, à la fois féministe, socialiste, européaniste, et internationaliste, alors que tout ces termes n’existaient pas. Flora Tristan. Dans l’avant-propos des Pérégrinations d’une Paria: « On a observé que le degré de civilisation auxquelles les diverses sociétés sont parvenues a toujours été proportionné au degré d’indépendance dont ont y ont joui les femmes », déclare-t-elle en 1838. Force est de constater que la parité et l’égalité femme-homme sont les sempiternels parias aux gouvernements actuels qui pratiquent l’ersatz à merveille, comme en notre sein, nous qui revendiquons pourtant ces valeurs fondatrices de la gauche à l’égal de notre ADN.

Voilà pourquoi vous me voyez avec ce T-shirt (« Rue Flora Tristan » est imprimé dessus) qui anticipe résolument le changement de nom de la plus longue rue de Paris, pour enfin rendre justice à l’une des grandes oubliées de l’histoire. La page féministe, rue Flora Tristan, ainsi créée sur facebook a pour but de renommer dans tous les sens du terme cette plus longue rue de Paris, dite de Vaugirard, afin de rétablir notre matrimoine mémoriel absolument déficitaire. Odieusement déficitaire concernant la voirie de la capitale, puisque seulement 2,6 % des rues y portent le nom d’une femme. N’hésitez pas à déchaîner vos clics en sa direction, page Facebook Rue Flora Tristan.

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Marco Madinier

C’est un peu difficile de parler après l’intervention de la maire de Paris. Je voulais parler de la transformation du parti socialiste et de sa refondation, partager avec vous mon analyse de la situation en 2-3 minutes. Je suis militant socialiste depuis deux ans et demi à peu près, et je suis dans le 13eme arrondissement de Paris, à la section 13eme ouest. Aujourd’hui, on est tous d’accord pour dire que le parti socialiste est dans une situation difficile, au plus bas. C’est dû à des échecs collectifs. Il y a eu une responsabilité des candidats à la primaire, qui n’ont pas respecté leur parole une fois que le candidat à été désigné, il y a eu aussi un quinquennat qui s’est soldé par des échecs de la part des frondeurs comme de Francois Hollande par certains côtés, mais ne faut pas s’arrêter là-dessus.

Je pense que pour avancer aujourd’hui il faut d’abord faire un inventaire de ce qui a été fait, bien ou mal, au cours du quinquennat, et ensuite créer, comme ça a déjà été proposé tout à l’heure par Isabelle Roy, une autre militante qui a parlé plus tôt, des assises de la gauche. Pour ça il faut réunir un maximum de gens, de militants bien sûr mais aussi de simples citoyens, et les faire venir, parler des idées, des projets, pour regagner une « bataille culturelle qu’on a perdu » selon les mots d’Antonio Gramsci. Gagner et définir, affirmer nos valeurs, que ce soit en termes d’emploi, de monde du travail, de justice sociale bien sûr, puisque c’est l’une des valeurs phares du parti socialiste, de l’écologie, du numérique, d’avoir une Europe solidaire. Les prochaines élections sont des élections européennes. Il faudrait être au rendez-vous et ensuite faire un congres pour trancher les lignes et définir une position claire, mais d’abord il faut faire des assises avec des idées qui soient proposées. J’espère y contribuer, comme beaucoup ici, voilà.

Une dernière chose peut-être, c’est qu’il faudra changer de nom comme a pu le faire la SFIO au congres d’Epinay de 1971 pour devenir le parti socialiste. Maintenant il faut passer à autre chose en 2017 et il faut être assez courageux pour changer de nom, changer nos pratiques tout en gardant des valeurs de justice sociale pour l’Europe, d’économie solidaire et d’écologie.

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Benjamin Hagiarian

Je suis très content d’être ici avec vous. C’est pour moi la première fois ici. Je suis militant depuis 6 mois. J’ai 18 ans. Je me suis engagé à l’occasion de la primaire de la gauche et c’est franchement une très belle expérience. Je ne regrette absolument pas, et voulais le faire depuis très longtemps, me battre pour des vrais convictions. Nous avons été éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle, et je crois que c’est le moment de tout remettre à plat et de nous poser les bonnes questions pour avancer et nous remobiliser pour les mois à venir. Contrairement à ce que peuvent dire certaines personnes, je pense que la gauche n’est pas morte, que le socialisme n’est pas mort. Je pense qu’il faut juste qu’il se réinvente, et je ne pense pas qu’il faille désormais se placer dans le schéma République en marche face aux extrêmes. Je pense que la gauche a encore sa place, que c’est encore une alternative crédible pour les français. Il faut le leur démontrer avec de nouvelles manières. Nous devons impérativement rester unis, ensemble, et ne pas nous fragmenter comme c’est le cas dans d’autres sphères de notre échiquier politique. Il faut que l’unité soit présente chez nos représentants à l’assemblée nationale, qui sont peu mais il ne faut pas de déchirement. Il faut qu’il y ait aussi une unité au niveau des militants. Je pense que les militants que nous sommes doivent rester unis pour avancer. C’est la base, je crois de la renaissance des idées socialistes, des idées de gauche.

Vient ensuite la reconstruction de notre mouvement politique à proprement parler, qui doit d’abord passer par, je crois, un profond renouvellement à plusieurs niveaux. Un renouvellement au niveau des méthodes politiques, puisque la dernière échéance électorale, il y a quelques semaines , enfin, quelques jours plutôt, nous avait montré que les français voulaient changer les têtes et les pratiques des élus. En élisant en masse, même s’ils étaient très peu à élire, des représentant de la République en marche. Donc il faut qu’il y ait un changement au niveau des têtes et au niveau des pratiques à gauche, en tout cas pour le parti socialiste, où tel qu’il pourrait s’appeler. Les français ne veulent plus, je crois, de tambouille politique, politicienne. Il faut qu’il y ait un réel changement à ce niveau-là, parce-qu’après la claque qu’on a subit, après la claque que les politiques traditionnelles comme la droite, la gauche, ont subit, je pense qu’il faut réellement changer nos modes de politiques, en tout cas pour les dirigeants du parti. Je souhaiterai un renouvellement aussi au niveau du militantisme. Il faut s’inspirer d’En marche, de la France insoumise, pour conquérir de nouveaux électeurs et de nouveaux militants.

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Laure

Tout à l’heure Anne Hidalgo disait : « Paris est une ville-monde ». Ça m’a donné l’énergie pour intervenir auprès de vous sur une thématique qui a été pour la première fois abordée dans la campagne des présidentielles. La thématique du handicap. Tout d’abord, 10 % de la population mondiale est en situation de handicap, soit 650 millions de personnes. En Europe, ce sont 83 millions de personnes, et en France, selon les chiffres, on est entre 6 à 12 millions de personnes, et environ 1 millions 600 000 a une reconnaissance administrative du handicap. Si on compare la situation des hommes et des femmes, on remarque que seules 48 % des personnes handicapées sont des femmes. Je tremble, excusez-moi (Laure rit). Leur voix est plus souvent niée, bien qu’elles souffrent de handicaps multiples, y compris d’exclusion, au motif de leur sexe et de leur handicap. On remarque que les femmes sont particulièrement sujettes et exposées à la maltraitance. Maudy Piot, psychanalyste et présidente de l’association Femmes pour le dire, Femmes pour agir souligne que ce sont quatre femmes handicapées sur cinq qui subissent des violences. Et cette question n’est pas seulement une question nationale, c’est une question mondiale. Dans les pays de l’OCDE, si on considère la scolarité et l’enseignement, on constate que la proportion de personnes handicapées est plus élevée parmi la population à bas niveau d’éducation. Le taux d’alphabétisme mondial des personnes en situation de handicap ne dépasse pas 3 % pour les hommes et 1 % pur les femmes. En France, 83 % des personnes handicapées ont un niveau d’éducation inférieur au bac, et seul 1,8 % d’entre eux a un niveau supérieur ou égal à bac+2. 85 % des situations de handicap surviennent entre 16 et 65 ans, et 55 % sont des ouvriers. Donc la question de l’éducation tout au long de la vie est une question cruciale pour ces personnes.

La promotion de la personne est un enjeu de capacitation pour permettre de rendre capable de rebondir, d’avoir une autre vie après la survenue d’un handicap. Parce-que l’école est le premier vecteur de développement social de la personne, rendre accessible à chaque situation de handicap l’ensemble des écoles, des lycées, des universités de France, comme la société s’est engagée dans ce sens, permettra de contribuer à l’empowerment des personnes handicapées de tous les âges. Parce-qu’aujourd’hui on entend encore trop souvent les organismes de formation dire que leurs formations ne peuvent être adaptées aux personnes handicapées, et que l’évolution en la matière en prenant en compte les moyens de compensation possible est primordial et obligatoire, on ne devrait plus pouvoir ouvrir un organisme de formation en France sans être formé à ce propos.

Pour conclure, les stéréotypes à l’égard des personnes handicapées ont la vie dure, et ce n’est que tous ensemble, en mobilisant les énergies et la citoyenneté active, que nous affronterons les difficultés du temps présent et permettrons à chacun d’être parmi les autres, égaux et différents, et citoyens à part entière. Les stéréotypes existent, d’une part à travers les images que nous véhiculons, de l’altérité au sens large, mais aussi du handicap en particulier. Quand on accepte les stéréotypes, les stéréotypes existent et nous détruisent, hors ce n’est qu’en les surmontant que nous pouvons ensemble vaincre l’exclusion en réalisant une inclusion à visage humain dans une dimension systémique qui garantisse aux personnes de handicap une pleine et entière citoyenneté, prenant en compte la dimension de la santé et du soin des uns des autres. Nous voulons une véritable politique à handicap de gauche, une politique qui utilise la démocratie participative et ouverte, qui reconnaisse une place à chacun, celle de la personne, souveraine, qui a pu pleinement choisir en interaction avec les autres membres de la société, mais également en innovation, et de la garantie du respect et de la convention internationale du droit des personnes handicapées.

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Christèle Lepape, sympathisante

Quand je vois le courage dont a pu faire preuve la précédente intervenante, je me sens obligé de prendre sur moi également pour me retrouver devant vous. Je m appelle Christèle. Je ne suis pas adhérente au PS, mais sympathisante, et remercie les organisateurs de ces rencontres que je trouve très précieuses. Je travaille dans le secteur médico-social, et vais également faire une intervention sur le handicap, mais plus précisément sur le handicap psy, puisque je travaille dans une association spécialisée en tant que gestionnaire d’établissement accueillant des enfants adolescents et adultes en situation de handicap mental.

Ma gauche à moi est une gauche solidaire. C’est celle où les plus grands font la courte échelle aux plus petits. C’est celle ou l’autre dans tous les sens du terme n’est pas un « étrange étranger » comme le disais Prévert. Le médico-social, notamment dans le secteur du handicap, est confronté depuis plusieurs années à de profondes mutations. Sous le prétexte d’une meilleure qualité d’accueil des personnes en situation de handicap, d’une plus grande professionnalisation des équipes, et d’une optimisation des deniers publics, se joue par ailleurs une autre partition, celle des fusions-absorbtions du secteur, et autre tableau de bord de la performance des agences régionales de santé. Dans un esprit très années 90, ces tableaux de bord de la performance permettent notamment aux établissements, et aux agences régionales de santé, de faire ce qu’on appelle un parangonnage, autrement dit du benchmarking, c’est-à-dire concrètement la mise en concurrence des établissements. Entre autres conséquences, les ESAT, anciennement appelées les CAT, se devant d’être commercialement rentables, augmentent leur niveau de recrutement des travailleurs handicapés. Par effet domino, ne parvenant plus à placer les enfants dans des établissements adultes, les institutions médico-éducatives maintiennent en leur locaux des adultes qui ne peuvent y bénéficier d’un accompagnement adapté à leur âge, et occupent des places qui devraient être proposées à des enfants. Faute de place, ces enfants autistes, trisomiques ou psychotiques, doivent parfois rester chez eux avec l’un des parents, souvent la mère, encore et toujours la femme. Tout est lié. C’est lié à une problématique également féministe. La femme renonce souvent à toute carrière professionnelle pour s’occuper de son enfant en situation de handicap. La France manque cruellement de places en secteur adulte, à tel point que nous exportons nos handicapés hors de nos frontières. Pardon si le mot vous choque mais il est toujours moins violent que certaines réalités dont je suis témoin au quotidien.

Dans le secteur médico-social, ce débat est aujourd’hui tous les jours, et je rends hommage à mes collègues, des travailleurs sociaux soumis aux injonctions paradoxales des politiques publiques : « soyez plus performant », « travaillez plus », « travaillez mieux », mais avec moins, toujours moins, quand par ailleurs on apprend que les plus riches sont de plus en plus riche, et que les inégalités se creusent. On invoque la modernité et le progrès pour uberiser l’économie et fabriquer des travailleurs précaires, on invoque la démocratie sociale dans les entreprises pour court-circuiter les partenaires sociaux trop encombrants. Le progrès, le vrai, ne serait-il pas que chacun trouve sa place ? Sa juste place au sein de notre communauté humaine ? Comment refonder la gauche ? Je souhaiterai pour cela que nous repartions ensemble, chacun pour sa part et à son niveau, de nos valeurs profondes et communes, le respect de l’autre et la dignité humaine. Sur ces fondations, saisissons-nous ensemble de cet immense séisme politique comme d’une chance pour rebâtir notre nouvelle maison, et que chacun, comme aujourd’hui, puisse apporter sa petite pierre.

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Imran Choudry

Bonjour à tous. La recréation du parti dépendra de nous, socialistes. Resterons-nous dans notre passé, ou apporterons-nous des changements dans notre programme ? Restructurer le parti est quelque chose de très difficile, mais nous devons apporter des réponses à ces questions avec notre savoir collectif et des solutions créatives. Le monde change et le temps passe. Le modèle de pensée de la nouvelle génération est venue très rapidement. Il y a des choses qui ne sont pas idéales et qui doivent changer, mais ce qui ne doit surtout pas changer, à mon avis, c’est le modèle fondamental de notre parti qui est notre idéal, inflexible. Il faut pouvoir répondre aux nouveaux défis émergents qui sont de vouloir toujours aller plus vite. Pour cela, nous devons former un groupe de réflexion, et peut-être par exemple, le charger spécifiquement d’essayer de concevoir entièrement un nouveau modèle de réflexion sur nos propres valeurs, sur notre propre modèle fondamental. La nouvelle génération des technologies informatiques n’est pas perçue de la même manière par les personnes âgées ou les plus jeunes.

C’est pourquoi je propose de créer deux groupes de réflexion. Le premier serait constitué de personnes de plus de 40 ans, qui devront réfléchir aux nouvelles prises de décisions, tout en restant critique et veiller à ce que les valeurs fondamentales du parti soient respectées, quitte à les modifier. Le deuxième groupe serait composé de personnes de moins de 40 ans et devront réfléchir à l’élaboration de stratégies d’intégration humaine à l’ère des nouvelles technologies. À mon avis, nous sommes à l’aube d’un renforcement idéologique et stratégique de notre parti.

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Laurent Beauvais

J’ai 27 ans tout juste et je viens juste d’arriver au parti. Ça fait deux mois que j’ai pris ma carte. Alors je n’ai pas beaucoup préparé, du coup, mon discours mais je voulais m’exprimer devant vous avec un ressenti. Ça a été un petit peu compliqué pour moi de rentrer au parti socialiste. Ce n’est pas que je ne défendais pas ses valeurs, c’est que je me suis pris des murs en tant que « jeune ». Je suis arrivé dans une section, je n’avais pas du tout d’expérience militante dans un parti politique, et j’ai essayé de m’exprimer. On m’a dit « écoute Laurent, c’est bien mais laisse nous faire avant ». C’est le premier constat que je voulais partager avec vous.

Et après je me suis dis, « beh… est ce que je vais quand même rester là, sur le coté à me dire bah non, on me dit qu’il faut que j’attende un peu ».

On me demandait beaucoup :

– Pourquoi tu vas au parti socialiste ?

Alors je répondais :

– J’ai envie de porter un projet. J’ai envie de partager des choses.

– Mais qu est ce que tu veux ?  Est ce que tu veux un poste d’élu, est ce que tu veux du coup briller à la mairie ?

Et moi disais :

– Mais non, en fait je veux juste m’engager pour la société.

Je pense qu’on arrive à un moment où il y a beaucoup de jeunes dans mon entourage, qui ont envie de s’engager, qui on envie de porter un projet, qui ont juste envie de sortir de deux ou trois murs et de se dire « comment on va parler aux personnes dehors ?  Est ce qu on pourrait par aller faire euh… un café, et donc du coup parler avec des citoyens ? Est ce qu’on pourrait pas, du coup, coconstruire en fait la ligne du parti ? ».

C’est ça que j attends du parti aujourd’hui, c’est coconstruire avec des jeunes, se demander comment on invente demain, avec la société, et puis comment on va réfléchir, nous, avec notre organisation, pour aller au plus proche des citoyens, leur redonner de l’espoir et leur redonner confiance.

C’est ce pourquoi je voulais m’exprimer devant vous. C’est mon petit ressenti quand on m’a dit « tu prends la parole » j’y croyais pas et je me disais « oh ! j ai été sélectionné , qu’est-ce que je vais dire ?» et je me suis dit « je vais pas lire une feuille, je vais parler avec mon cœur devant vous et partager ça ». Alors je ne suis pas au MJS et n’avais pas de carte dans un parti, j’étais juste militant dans une organisation étudiante, et au quotidien on réfléchissait à avoir cette démarche de porter certaines positions politiques, mais surtout on réfléchissait à comment on propose du service aux personnes qu’on représente. C’est-à-dire, comment demain le parti socialiste pourrait accompagner les citoyens dans leur démarche du quotidien ? Alors je vous le dit, avant de rentrer au parti je n’avais jamais vu un militant socialiste. Je le voyais sur un marché mais n’en avais pas vu quand j’allais au travail par exemple, ou quand je sortais du travail. Donc je me pose la question. Comment demain pourrait-on proposer un parti de service, mais aussi un parti politique, et comment pourrait-on renforcer la place des citoyens au sein du parti socialiste. Merci de m’avoir écouté, et bonne journée.

Et vous, quelle idée avez-vous d’un-e adhérent-e ?Retour en haut


Denis Quinqueton, président d’HES, homosexualité et socialisme

Bonjour. Je suis Denis Quinqueton, président d’HES, homosexualités et socialisme. Je pense qu’on est un peu comme tout le monde, on est un peu perdu, en tout cas un peu désorienté après ces évènements électoraux. Et moi quand je suis désorienté je sors mon GPS puisque j’ai aucun sens de l’orientation. J’ai ré-ouvert un livre de Léon Blum, qui s’appelle « Pour être socialiste », qui dans la première version a été écrit en 1919. J’ai trouvé trois phrases que je vais me permettre de vous lire et qui me semble n’avoir pas pris une ride.

« On est socialiste à partir du moment où on a cessé de dire « bah c’est l’ordre des choses, il en a toujours été ainsi et nous n’y changerons rien », à partir du moment où l’on a senti que ce soit disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d’égalité, de solidarité, qui vit en nous. »

Finalement je me suis dit : « mais qu’est-ce qu’ont fait les militants socialistes qui ont créés HES il y a 35 ans ? Qu’est-ce qu’ont fait les générations de militants socialistes que j’ai retrouvé dans HES et qui m’ont fait l’honneur de me faire confiance il y a quelques années ? ». Eh bien, il ont mis en œuvre ce qu’écrivait Léon Blum. Il ont considéré que l’ordre des choses qu’on leur présentait était en « contradiction flagrante » avec l’idée de justice, d’équité, qui nous habite, et ils ont changé cet ordre des choses.

Je crois que c’est ça la tâche qui est devant nous. C’est de définir, dans la société du 21eme siècle, dans une société connectée, avec des réseaux sociaux, dans une société avec des difficultés économiques, avec une nouvelle organisation économique, la manière dont on va changer ce nouvel ordre des choses. Je pense que c’est le premier travail qu’on a à faire. Peu importe après.

Il y a eu des départs au parti socialiste. Oui ! Et alors ? De toutes façons, je ne vais pas arrêter de parler avec les gens qui partent du PS. Je suis désolé. Au travers de notre association, HES, on s’est toujours attaché à essayer de parler à tout le monde. Ce qui, parfois, dans notre histoire – souvenez-vous… – relève de l’exploit. Et nous y sommes toujours parvenu. Ce n’est pas de l’opportunisme. C’est juste rappeler que, malgré tout, malgré nos affrontements, nous avons un corpus commun important, cette volonté de changer un « ordre des choses » injuste. C’est ce corpus là qu’on doit continuer à travailler. Et en tout cas nous y sommes tous prêts, aux côtés de la Fédération de Paris, évidemment, et du Parti socialiste. Nous sommes prêts à faire ce travail là, à apporter ce qu’on peut apporter et à prendre ce qu’on pourra prendre.

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Malik Lounès

Bonjour. Malik Lounès, de la 13eme ouest Lucie Aubrac. Je voudrai revenir sur les causes de la défaite. Évidemment, elles sont multiples. Il y en a qui viennent de loin, il y en a qui sont plus conjoncturelles, il y en a qu’on peut faire endosser aux candidats, il y en a qui sont plus collectives. Ce qui m’a marqué dans cette séquence présidentielle, c’est le premier débat qui a eu lieu avant le premier tour des présidentielles où il n’y avait que les 5 principaux candidats. Ce qui était frappant, c’est que par rapport à une question qui est une question clef, la question de la mondialisation (pour les gens le problème number one c’est l’emploi, et le problème de l’emploi c’est la mondialisation), on avait deux candidats qui étaient clairement identifiés comme nationalistes, Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon, il y avait deux candidats qui étaient identifiés comme les candidats du système, d’accompagnement du néolibéralisme, Macron et Fillon, et il y avait un ovni, notre candidat, Benoît Hamon. C’est-à-dire qu’on se doutait bien qu’il n’était pas néo-libéral, on se doutait bien qu’il n’était pas nationaliste non plus, mais on ne savait pas ce qu’il était. Et malheureusement, je crois que ce n’est pas spécifique à Benoît, je pense que c’est général.

Je crois qu’on a un problème avec la question européenne depuis 2005. elle nous a divisé. C’est devenu un sujet tabou. On n’a pas retravaillé sur le sujet. Or, il n’y a pas de politique économique cohérente et sérieuse, dans la mondialisation, qui ne passe pas par la question européenne. Et ça ne peut pas être, évidemment, dans la continuité de ce qu’on connaît déjà, avec tout ce que ça a apporté au jour d’aujourd’hui. Je crois que dans le chemin de reconstruction, parce-qu’on est effectivement sur un champs de ruine, donc il faut qu’il y ait une reconstruction idéologique et programmatique. Il y a la question de l’Europe au centre. Il y a la question : qu’est-ce qu’on n’a pas réfléchi, qu’est-ce qu’on n’a pas proposé, sur quoi n’a-t-on pas avancé ? pour faire mieux la prochaine fois. Je pense qu’aujourd’hui la question qui est posée est celle de la souveraineté. La seule façon dans la mondialisation pour avoir de la souveraineté, c’est de la partager. Mais pas de la partager n’importe comment avec n’importe qui, de le partager avec deux trois pays qui sont les plus proches, et avec lesquels nous pouvons former une vrai direction politique de l’Europe. Je pense à l’Allemagne, à l’Italie, et à l’Espagne. Je pense qu’avec la France, il y a quelque chose à reconstruire de nouveau, qui ne remet pas en cause l’existant mais qui donne un nouveau souffle, une nouvelle dimension.

Mais pour conclure tout cela n’a d’intérêt que si on définit qui on est. La grande question, et ça devient la tarte à la crème, c’est « qu’est-ce qu’être de gauche? », « qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui? ». Être de gauche aujourd’hui ça n’est certainement pas être nationaliste comme l’est Mélenchon. Être de gauche aujourd’hui ça n’est certainement pas accepter le système, et l’adaptation à un système, un capitalisme néolibéral extrêmement violent, totalement déshumanisé, qui massacre la planète. Être de gauche aujourd’hui c’est peut-être se reconnaître dans un capitalisme européen, qui ne dit pas encore son nom, qui a une particularité, c’est d’être un capitalisme qui est pétri par les valeurs d’humanisme, d’écologie et de démocratie. Il faut peut-être commencer par là, c’est-à-dire se redoter de ce que nous avons. Et je conclurai la dessus.

Y a-t-il au monde un paysan, un ouvrier, un salarié, qui ne rêve pas d’avoir ce que nous avons nous ici, c’est-à-dire une assurance retraite, une assurance chômage, une assurance santé, l’accès à une école de qualité, l’accès à la santé, l’accès aux transports et à la communication. Quel ouvrier chinois, indien, brésilien, rêverait de ne pas avoir la même chose ? Nous avons construit ce modèle. Pas tout seul. Si nous voulons le préserver il faut le partager à deux ou trois pays pour le porter haut et fort, parce-que la reconstruction de la gauche passera par là. Ni nationalisme, ni acceptation néolibéraliste, mais définir quoi ? Nos fondamentaux.

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Marine Rosset

Je voulais juste revenir sur l’année dernière. L’année dernière, à peu près au même moment, on était installé ici autour de toi Emmanuel Grégoire, et tu posais la question « comment on fait pour ne pas perdre notre temps en politique ? ». Je voulais dire qu’aujourd’hui, le fait que cette réunion soit ouverte, qu’on ne soit pas uniquement avec les énièmes camarades qu’on aime tous, mais dont on connaît les interventions, j’ai vraiment l’impression de ne pas perdre mon temps, et je suis heureuse d’être ici parmi vous aujourd’hui.

La question que je voulais poser, c’est « Comment est-ce qu’on fait pour être utile aux Françaises et aux Français dans la situation dans laquelle on est ? ». Je vois deux façons d’être utile. La première c’est de reconstruire le parti socialiste, et je vais y revenir. La deuxième, c’est « comment est-ce qu’on fait pour peser, réagir à ce gouvernement qui propose aux Français, en gros, de les endormir en leur disant « écoutez, quand il faudra être de droite, on sera de droite, quand il faudra être de gauche, on sera de gauche » ». Je crois qu’il faut qu’on ait un travail très sérieux, nous militants, de suivi de ce qui va être fait dans la future législature. Et je crois que François Comet a proposé notamment une solution, c’est de mettre en place au niveau local, des groupes de circonscription, qui analysent avec nos concitoyens ce qui est fait comme loi, et le positionnement qu’a le parti socialiste face à ces positions. La deuxième chose donc, pour être utile aux Françaises et aux Français, c’est de reconstruire le parti socialiste.

Je crois qu’il faut qu’on écrive. Plusieurs on fait l’effort aujourd’hui de faire des interventions écrites. Il faut qu’on se remette à ce travail de réflexion, parce-qu’on est assez bon dans le niveau moyen des mesures concrètes, mais je ne suis pas sûre que l’on soit très bon en terme de proximité comme l’a dit notre camarade Laurent, et aussi au niveau de l’Etat, au niveau national. Quel projet de société est-ce qu’on construit ? C’est sur ces deux étages qu’il faudra qu’on construise. Et la dernière chose. Je crois qu’il faut qu’on se forme à la fois en fond et à la fois dans l’animation. Et là je renouvelle une demande que je formule depuis que je suis secrétaire de section. Je voudrai vraiment être formée à des techniques d’animations qui soient différentes des réunions qu’on a, qui nous permettent d’accueillir justement les jeunes, de laisser davantage la parole à des personnes qui n’ont pas l’habitude de prendre la parole, avec de nouvelles techniques pour que de nouveaux fonds, aussi, apparaissent.

Comment le PS doit-il se reconstruire ?Retour en haut


Adrien Fortuna

Bien, bonjour à tous. Alors moi, je suis un jeune militant comme un certain nombre d’autres ici. Je ne suis pas là depuis très longtemps et j’aimerais moi aussi à ma manière amener ma contribution symbolique pour essayer de trouver une solution, pour sortir de l’état dans lequel le PS est aujourd’hui.

Je pense qu’avec les cinq années qui viennent de s’écouler, et dont le bilan est relativement bon, on a quand même eu un gros problème. On a eu un décalage entre le discours qu’on a affiché, le programme sur lequel on s’est fait élire, et ce qu on a fait réellement. Alors je ne suis pas là pour polémiquer pour savoir si ce qu’on a fait dans la pratique est bien ou pas.

Je constate juste qu’on est dans un syndrome auquel aucun parti socialiste européen n’échappe, si on remarque bien : que ce soit le SPD allemand avec Gerhard Schröder, un peu avant le parti travailliste avec Tony Blair, ou plus récemment le PASOK grec, ou encore le PSOE espagnol. Vous remarquerez aussi que ces partis socialistes, auxquels le Parti Socialiste français s’ajoute désormais en terme de symptômes, lorsqu’ils sont repassés dans l’opposition – et c’est ce qui risque de nous arriver aussi – ont eu beaucoup de mal à en sortir ; pour la bonne et simple raison qu’il y a cette contradiction entre le discours qu’ils affichent et ce qu’ils ont fait réellement lorsqu’ils étaient aux responsabilités. C’est pour cette raison qu’il se sont fait doubler sur leur gauche par des partis plus à gauche comme Syriza notamment, comme Podemos en Espagne ; ou par des partis plus à droite comme celui du Nouveau Centre espagnol ou comme, dans le cas de la France, En Marche. Dans le cas de la France, on est aussi en train de se faire doubler par un mouvement plus à gauche qui est la France insoumise.

Alors comment sortir de ça ? Je pense déjà qu’il faut être clair, et qu’indépendamment des circonstances qui sont celles dans lesquelles nous sommes, le principal problème du Parti socialiste est qu’il n’a pas su rentrer dans le 21eme siècle d’un point de vue idéologique ; il n’a pas su repenser son bagage théorique.

Il a déjà été capable de le faire : la vieille SFIO était théoriquement anticapitaliste et lorsque Blum est arrivé au pouvoir en 36, Blum a dit « bon très bien, nous restons socialistes, mais nous devons aussi gouverner dans un état capitaliste, qui est la République française, tout en essayant d’appliquer nos mesures ». Premier changement.

Pendant les Trente Glorieuses, qui ont signés l’explosion des classes moyennes – je vais essayer d’être bref, rassurez vous ! -, le PSU a proposé de définir un nouveau socialisme : un socialisme du second 20eme siècle, un socialisme prenant en compte la supériorité désormais de la classe moyenne, et sortant de la dichotomie classe ouvrière prolétarienne contre grands patronat. Et je pense que nous sommes toujours dans ce socialisme du second 20eme siècle et qu’il faut que nous en sortions pour définir un socialisme du 21eme siècle si nous souhaitons reconstruire. C’est ça ma conviction profonde sur l‘état du PS, indépendamment de savoir s’il choisira après une ligne sociale-libérale ou un ligne plus à gauche : il ne faut plus qu’il y ait cette contradiction là entre un discours de gauche affiché et des réalisations concrètes libérales du fait d’un bagage idéologique non dépoussiéré.

Donc, je pense que si le PS veut survivre, et aussi ne pas se faire doubler par la France insoumise et par des forces plus libérales comme En marche – c’est la dessus que j’achèverai mon intervention -, il faut que nous réaffirmions clairement notre attachement à l’Europe. Mélenchon aurait pu Pasokiser le PS, il n’a pas réussi ; parce qu’il est ambigu sur les questions européennes, parce qu’il est également ambigu sur les questions républicaines. Ça n’est pas notre cas. C’est encore un levier qui nous reste et qu’il faut, je pense, que nous activions, pour pouvoir rester un parti de gouvernement et un parti d’opposition crédible. Voilà. Je terminerai là. Tout ça pour dire que je pense qu’il faut que nous entrions dans le 21eme siècle, que nous fassions un Épinay des années 2010 ou même plus tard, mais pas trop tard non plus, et j’espère, comme vous tous j’imagine, que le PS reviendra au pouvoir et saura aussi rentrer dans le 21eme siècle. Je vous remercie.

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Julie Changeur

Bravo aux organisateurs et à la fédé de renouveler ce deuxième évènement. Nous sommes ravis de pouvoir intervenir. Ça permet de faire force de proposition. Il y a eu de nombreux hommes et quelques femmes à intervenir. Si d’autres femmes veulent intervenir n’hésitez pas à venir. On voit émerger différents mouvements, ici et là. On voit une recomposition politique se faire. Moi mon mouvement, mon parti, c’est le parti socialiste. Notre parti socialiste. C’est sûrement la fin d’un cycle pour certains, le début d’un autre cycle pour d’autres, mais c’est toujours notre cycle politique. Faut-il construire, réinventer notre force politique ? S’affirmer, peut-être. Certains ont fait le choix d’une clarification hier. C’est, je crois, l’unique objectif des journalistes. Nous notre objectif c’est la reconstruction, c’est réaffirmer notre sociale-démocratie. Ce n’est pas du tout incompatible avec nos valeurs sociales, nos valeurs socialistes, parce-que le socialisme existe depuis de nombreuses années et il n’est nullement mort.

Affirmer notre idéologie, continuer à l’affiner, continuer à l’argumenter, continuer à la travailler, continuer à la porter. Pour cela il faut donner envie. Donner envie, c’est aller vers l’extérieur. Je reviendrai après sur la partie interne, aller à la rencontre des citoyens. Nous le faisons déjà, et pas seulement en période électorale comme disait un camarade plus tôt. Aussi, il faut écouter les citoyens, et quand on n’a pas la réponse à leur question, quand on ne sait pas, il ne faut pas hésiter à revoir la personne, retourner la voir dans la semaine et lui donner une réponse adaptée, ou prendre ses coordonnées et lui donner une information adaptée. C’est très important, plutôt que de faire la politique de l’autruche. Même si on ne connaît pas le sujet, si l’interlocuteur nous donne une idée que l’on n’a pas travaillé, pourquoi ne pas la creuser ? J’ai beaucoup aimé les interventions sur le handicap. Il faut prendre en main toutes les thématiques. Il faut donner envie. Donner envie dans nos pratiques. Nous sommes des militants. Dans les statuts il convient que nous soyons membre d’une association et d’un syndicat. Bon, faire les trois c’est un peu compliqué. Pour ma part, j’avoue, la partie syndicaliste, je ne la fais pas trop. Au parti socialiste c’est un petit peu le même fonctionnement qu’une association. Il y a toujours un noyau dur. Et si on veut garder les adhérents, il faut donner envie. Il faut les écouter, pourquoi pas les parrainer, les accompagner, les écouter, travailler ensemble. Notre avenir, c’est débattre, c’est écouter, c’est parler ensemble, et c’est s’ouvrir. Et dire que le parti socialiste est là. Ne pas avoir honte. Voilà. Avant de changer le nom, pensons déjà à notre projet. C’est ça l’important.

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