Questions-Réponses pour la culture à Paris – Politique culturelle

Patrick Bloche

LA CULTURE EN MOUVEMENT
Synthèse du rapport général issu des travaux de la Commission Fédérale Culture
Patrick BLOCHE et François ADIBI

Ce document est la synthèse du rapport général qui comprend les fiches concernant : les ateliers d’écriture cinéma, la mode, le marché et les métiers d’art, le patrimoine immobilier, la francophonie, les apports du métissage culturel, les pages culture interactives pour les sites Internet, et « la culture peut créer plus d’emplois que le high-tech ».

5 Politique culturelle

  • L’accès à la culture n’est-il pas un droit ?

le droit à la culture.
Parce que la culture est un besoin vital, parce qu’elle nous donne la liberté d’aller vers les autres et qu’elle nous ouvre de nouveaux horizons, nous sommes décidés à l’élever au rang de priorité au même titre que l’environnement ou la sécurité.
Il faut promouvoir un nouveau droit : le droit à la culture. Avec ce droit, la création et l’innovation sont les axes forts et le fil conducteur de notre réflexion et de nos. Elles s’enrichiront de vos expériences et contributions.
A peine 20% des Parisiens ont une pratique culturelle. Le combat pour l’égalité d’accès à la culture doit être une priorité pour la décennie à venir. Il se manifestera par une politique tarifaire d’incitation proposant, par exemple, une carte culture et des chèques culture pour les personnes aux revenus modestes, pour les familles, pour les personnes âgées ou en difficulté, ou encore instaurant la gratuité des musées municipaux, ainsi que des Pactes Culture-Jeunes qui donneront aux nouvelles générations la possibilité de créer et d’innover. Ces mesures sont associées à un renforcement de la politique de sensibilisation par l’éducation artistique à l’école et en dehors du temps scolaire.
Notre démarche : associer les parisiens. Ce droit à la culture, à la création et à l’innovation doit devenir réalité pour tous les Parisiens.

  • Le Parisien ne doit-il pas devenir un véritable acteur culturel de sa capitale ?

Conseils culturels d’arrondissement et changements de rôle.
Il faut réaliser une culture impliquant la participation active des habitants :

  • Aux choix culturels proposés, par la création de conseils culturels d’arrondissement, lieux de débats et d’initiatives associant largement élus, population, artistes et responsables culturels.
  • Aux activités artistiques, par le développement de l’offre en matière de pratiques artistiques amateurs, et par la possibilité donnée aux Parisiens de s’impliquer bénévolement dans des projets artistiques.
    C’est l’encouragement et le soutien apportés aux pratiques amateurs qui pourra faire évoluer chacun du rôle de spectateur-consommateur à celui d’acteur.
  • Comment agir pour « libérer » la culture ?

Les compléments de la culture.
Toutes ces volontés de politique culturelle ne pourront se concrétiser que si parallèlement nous oeuvrons sur les thèmes suivants :
Déconcentration : Mise en place la déconcentration de certains moyens et équipements vers les arrondissements, dans le cadre d’une politique culturelle commune.
Audit des structures municipales et para-municipales : Pour définir une meilleure utilisation des deniers publics.
Transparence : Créer les conditions pour que la transparence dans les choix, les modes de fonctionnement et l’attribution des subventions, soit totale.
Concertation Ville, département, région : Remettre à plat les relations et la concertation entre la Ville, le département, la région et l’Etat, travailler avec les autres politqiues.
Circulation et décloisonnement : Entre les différentes directions des services de la ville de Paris.
Dialogue constant : Avec les Parisiens et les associations impliquées.
Construire une communauté meilleure, où il fera bon vivre.
Redonner des couleurs à la ville Réunir le Paris de Prévert et celui qui se projette dans l’avenir
Rapprocher les générations et les cultures diverses
Redécouvrir son quartier et se redécouvrir entre habitants de la même ville
Donner sens et valeur : Allons vers ce changement qui donne sens et valeurs à notre volonté. Alors nous pourrons vraiment dire : la culture, ça change la vie. Car la culture on peut la faire vivre chez soi, en famille, au travail, en société : on vous la donne, on la comprend et on la vit.

  • Quels moyens pour la participation et la transparence ?

Participation des Parisiens et transparence.
Quatre points pour assurer la participation des Parisiens et la transparence des décisions :
Audit du budget : En organisant un audit du budget des structures municipales et para-municipales.
20 conseils culturels consultatifs d’arrondissement: En mettant en place vingt conseils culturels consultatifs d’arrondissement.
Déconcentration des moyens financiers : En évaluant et aidantles projets au plus près du terrain, déconcentration des moyens financiers auprès des mairies d’arrondissement
Attention portée aux suggestions des Parisiens sur Internet : En ouvrant le site Internet aux remarques et suggestions des Parisiens

  • Comment faire de Paris un espace d’inventivité ?

Espace d’inventivité : Une vraie politique culturelle de la ville de Paris laisse libre un espace d’inventivité. Il faut ouvrir des lieux de création et de convivialité et inventer une politique culturelle proche des habitants, qui, privilégie la création artistique, une politique de la création, de la jeunesse et de la proximité.
Image patrimoniale : En ce qui concerne le rayonnement artistique de Paris, la ville a surtout une image patrimoniale : grands musées, opéras, théâtres nationaux ; il manque actuellement tout l’apport de la jeune création, susceptible de redonner de Paris l’image d’une ville de son temps, où l’art s’invente autant qu’il se conserve.
Rayonnement et dynamisme de la création : Ce qui fait, aujourd’hui, le rayonnement artistique d’une grande capitale, c’est, certes, la qualité de ses monuments, mais c’est aussi le dynamisme de la création.
Sur cette question, d’autres villes comme Berlin, New-York ou Londres sont plus en pointe : Paris doit redevenir la capitale de la création qu’elle a été. Il faut créer les conditions pour que l’innovation artistique – qui est présente, mais qui n’est pas soutenue – donne sa pleine mesure.

  • Quel est l’état des lieux de la politique culturelle actuelle ?

Budget, état des lieux et enjeux :
La Ville de Paris, c’est 40 000 employés et un budget annuel de 30 milliards de francs.
La culture à Paris, c’est 1 900 agents et environ 1 000 vacataires.
C’était, en 1993, un budget de 1,9 milliards de francs (à titre de comparaison, l’Etat consacre 4 milliards de francs à la culture pour Paris). C’est, aujourd’hui, 1,3 milliards de francs, ce qui représente 4 à 5 % du budget.
On observe une diminution de 3 % des dépenses de fonctionnement et de 20 % des dépenses d’investissement. Cette faiblesse s’accentue et laisse Paris en queue du classement des villes de plus de 150 000 habitants (870 fr/an/habitant contre une moyenne de 1.250 fr/an/habitant).
Les subventions et participations, en 1999, s’élèvent à 492 MF. Quelques grandes institutions culturelles sont les grands bénéficiaires de ces fonds, avec 75 % des subventions : Ensemble orchestral de PARIS, Orchestre de PARIS, Théâtre de la Ville, Théâtre Musical de Paris  » Châtelet « , ADAC, Maison de la Photographie, Association les Invitations de PARIS, Fonds de Soutien au Théâtre Privé.
Le tissu créatif parisien ne parvient plus à préserver ses lieux de création, d’exposition et à obtenir des subventions. Le déséquilibre entre les acteurs culturels s’amplifie.
Une municipalité qui s’est reposée sur l’Etat et sur le secteur privé…
Jusqu’ici, la culture à Paris, c’était d’abord l’Etat : le Centre Pompidou, la Villette, le Grand Louvre, Orsay, la Grande Bibliothèque, etc.
L’Etat, mais aussi le secteur privé : les cinémas, la majorité des grands théâtres, les galeries d’art, la plupart des salles de concert… Sans l’Etat, sans le secteur privé, que resterait-il ? Paris, l’une des plus grandes capitales du monde, est aussi la ville qui a le moins développé une vraie politique culturelle et artistique au cours des trente dernières années. En proportion, la Ville de Paris consacre trois fois moins d’argent pour la culture que la plupart des grandes villes.
Le résultat, aujourd’hui, c’est cette exception parisienne, peu repérable pour ce qui ne font que séjourner à Paris, mais perceptible quotidiennement par le Parisien.

  • N’ est-il pas urgent de réformer les modalités d’attribution des aides ?

Etat des lieux :
La pratique de l’administration parisienne en matière d’attribution de subventions requiert que nous envisagions une réforme des modalités de fonctionnement dans l’attribution de ces aides.
L’actuel fonctionnement de l’aide aux projets théâtraux, par exemple, est conçu de telle manière que seuls des éléments administratifs et relationnels sont pris en compte. A la formalité qui consiste à élaborer un dossier épais, quel qu’en soit le contenu, à y mettre des chiffres invérifiés, à en transmettre un exemplaire au  » Bureau du Théâtre  » , s’ajoute surtout la remise de la copie du dit dossier, par l’intermédiaire d’un élu parisien « bien en cour », à l’élu en charge des affaires culturelles municipales.
Si l’élu bien placé obtient le suffrage de ses pairs, la subvention sera votée. Ainsi, le projet n’est contrôlé ni en amont, ni en aval. Seul un fonctionnaire de la ville court , depuis peu, les théâtres et structures ainsi subventionnés, afin de récolter rétroactivement des informations qui pourraient permettre de faire croire à une connaissance des dossiers. Cette connaissance sera minime, le constat de l’inefficacité et du gaspillage des deniers publics ne peut qu’être fait. L’autre constat est qu’une très faible partie des compagnies ainsi aidées reçoit des subventions d’autres collectivités territoriales, des ministères, ou d’autres organismes. Si ce mode de subventionnement est général, les dizaines de millions versées aux associations culturelles le sont sans que soient prises de garanties quant à la valeur artistique et administrative des structures aidées.
L’esprit du service public, la transparence et la déconcentration pour une réforme des modalités d’attribution des aides : La réforme consiste à envisager en la création de véritables commissions d’attribution d’aide présidées par les élus en charge de la culture, à l’échelle des arrondissements pour certains dossiers, et à l’échelle de la Ville pour les autres, dont les critères seraient déterminés par la politique culturelle municipale.
Ces commissions, distinctes par catégories d’activité, seraient régulièrement renouvelées afin que soit préservée l’indépendance de ses membres. Elles seraient composées de professionnels et de représentants de la société civile dans le même esprit que le sont les commissions des DRAC, de l’ADAMI, de la Fondation BEAUMARCHAIS. La distribution de ces aides par l’intermédiaire des Mairies d’arrondissement serait également adaptée aux associations semi professionnelles et amateurs dont le rôle culturel au plan local est souvent primordial.
L’objectif global de cette réforme à construire permettrait de retrouver l’esprit de service public lié à une juste utilisation des deniers des Parisiens.

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